Algérie/Pays-Bas: volonté partagée dans la densification de la coopération économique

ALGER – L’Algérie et les Pays-Bas partagent la même volonté dans la densification de la coopération économique et technologique, a affirmé, mercredi à Alger, le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, lors de la 3ème réunion de coopération économique et technologique algéro-néerlandaise qu’il a coprésidée avec son homologue néerlandais, Stef Blok.

Rappelant que cette session se tient deux années après la précédente, M. Messahel a avancé que cela permettrait de faire un bilan de la coopération bilatérale au cours des deux dernières années, de souligner les acquis et les résultats positifs engrangés, et aussi de faire ressortir les difficultés et points de faiblesse pour les traiter et apporter des solutions

“Dans ce contexte, je crois pouvoir dire que les choses se déroulent dans des conditions satisfaisantes et même positives”, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le chef de la diplomatie algérienne a souligné que les deux pays avaient repris les contacts politiques de haut niveau ces dernières années et que “les relations économiques et commerciales étaient reparties la hausse, même si elles disposent d’un potentiel de croissance encore considérable qu’il nous reviendra d’exploiter et de valoriser”.

Cette session de la commission mixte, a ajouté le ministre, “s’inscrira dans cet esprit constructif et de rapprochement continu entre nos deux pays que nos deux gouvernements nous ont tracé pour conforter les acquis bilatéraux et les enrichir pour plus de coopération, plus d’échanges et d’accords bilatéraux dans différents domaines”

En outre, il s’est félicité du chemin parcouru et des actions réalisées dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et du transport maritime, ainsi que dans la coopération institutionnelle, notamment dans le secteur financier: “Il nous reviendra, sans doute, de poursuivre cet effort”.

“En revanche, notre coopération tissée dans les autres secteurs (…) appelle un intérêt plus marqué de nos deux pays dans la mesure où elle est porteuse d’un potentiel appréciable” (Messahel)

“En revanche, notre coopération tissée dans les autres secteurs, plus particulièrement ceux de l’industrie, du tourisme, des travaux publics, des technologies de l’information et de la communication, et des ressources en eau, appelle un intérêt plus marqué de nos deux pays dans la mesure où elle est porteuse d’un potentiel appréciable”, a relevé le ministre.

Les échanges commerciaux en-deçà des potentialités des deux pays

Evoquant les échanges commerciaux entre l’Algérie et les Pays-Bas, M. Messahel a observé que sur un plan d’ensemble et avec 2,1 milliards de dollars, le flux des échanges pour important qu’il puisse apparaître “reste encore en deçà des potentialités” des deux pays.

Il a indiqué, dans ce cadre, que les Pays-Bas se place comme 6ème client et 15ème fournisseur de l’Algérie.

“Ces échanges sont dominés à 80% par les ventes algériennes en hydrocarbures et notre souhait est, naturellement, d’œuvrer pour une diversification réelle de la structure de nos échanges pour en faire une plateforme réelle de développement d’une coopération économique véritable entre l’Algérie et les Pays-Bas”, a-t-il insisté.

Il a souligné, par ailleurs, que les Pays-Bas renouaient avec une croissance et une santé financière notables et que l’Algérie est, pour sa part, et en dépit de la conjoncture difficile, un vaste chantier de modernisation disposant de réelles opportunités et de perspectives de croissance économique sûres telles que reconnues par la Banque mondiale et le FMI dans leurs derniers rapports qui prévoient une croissance de 3,6% en 2018-2019.

“Ce sont là autant de raisons qui autorisent des ambitions légitimes, celles notamment de voir la relation avec les Pays-Bas se développer davantage dans une logique d’investissements directs, qui privilégie le transfert de know-how et la création de PME ainsi que de projets porteurs de richesses et d’emplois”, a avancé le ministre 

Dans ce contexte, M. Messahel a invité les entreprises néerlandaises, notamment dans les secteurs où elles ne disposent pas d’une présence marquée, à manifester plus d’intérêt au marché algérien et à tirer profit de la situation actuelle ainsi que des mesures prises par le gouvernement à l’effet de rationaliser le commerce extérieur et d’encourager la production en Algérie en établissant des partenariats et des joint-ventures.

En effet, a poursuivi le ministre, “devant la diminution de nos recettes d’exportations, le gouvernement algérien a été amené à prendre des décisions impératives dont l’objectif est le rétablissement des équilibres du budget de l’Etat et d’éviter la spirale de l’endettement extérieur”.

“Ces restrictions budgétaires ne concernent que les opérations commerciales proprement dites, sont également motivées par notre souci d’encourager le ‘Made in Algeria’”, a soutenu M. Messahel “Nous fondons ainsi de grands espoirs sur les travaux de notre Commission pour encourager l’établissement d’entreprises algéro-néerlandaises qui puissent, dans le cadre de joint-ventures, produire localement et commercialiser, ensemble, des produits dont les prix de revient seraient certainement compétitifs au vu des facteurs de proximité géographique avec l’Europe, des prix des intrants locaux et d’une main d’œuvre algérienne qualifiée et peu coûteuse”, a-t-il noté.

D’autre part, le ministre a affirmé que la signature, à l’issue des travaux de cette commission mixte, de la convention fiscale de non double imposition entre les deux pays qui, au delà de la consolidation du cadre juridique bilatéral, contribuera à lever les contraintes qui entravent les échanges de biens et de service, les mouvements de capitaux entre les deux pays et encouragera la promotion des investissements réciproques.

Cette signature, a-t-il fait valoir, est “un signal de notre volonté d’imprimer la vitalité requise à notre coopération”.

aps

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