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Allemagne: Un infirmier tueur jugé pour cent meurtres

ALLEMAGNE Par vanité ou ennui, il est accusé d’avoir injecté des substances provoquant un arrêt cardiaque à ses patients pour tenter ensuite de les ranimer, généralement sans succès…

L’ancien infirmier Niels Högel, accusé d’avoir perpétré une centaine de meurtres par vanité ou par ennui, comparaît mardi devant la justice pour un procès sans précédent en Allemagne depuis l’après-guerre.

Cet homme de 41 ans, déjà en prison depuis près de dix ans pour sa responsabilité dans six autres crimes similaires, fera face aux dizaines de proches de ses victimes présumées dans le centre polyvalent d’Oldenbourg, faute de place suffisante au tribunal. Elle sera consacrée essentiellement à la lecture de l’acte d’accusation. Le procès doit durer au moins jusqu’en mai.

C’est dans l’hôpital de cette ville moyenne du nord, puis dans celui de la commune voisine de Delmenhorst, qu’il est accusé d’avoir injecté intentionnellement entre 2000 et 2005 des substances provoquant un arrêt cardiaque à ses patients pour tenter ensuite de les ranimer. Généralement sans succès. Ses motifs : son désir de briller devant ses collègues en montrant ses talents de réanimation, et « l’ennui », selon le parquet. Il choisissait arbitrairement ses victimes, âgées de 34 à 96 ans.

Troubles narcissiques et peur panique de la mort

Déjà condamné à la peine maximale, ce troisième procès ne changera rien pour celui qui s’est auto-désigné, selon des co-détenus, plus grand criminel depuis la dernière Guerre en Allemagne. Mais il est essentiel pour les familles de victimes présumées, désireuses à la fois que justice soit rendue et de pouvoir faire enfin leur deuil. Une aide psychologique et une salle pour se retirer sont à leur disposition.

Le procès porte sur 100 meurtres présumés, 64 à Delmenhorst et 36 à Oldenbourg. Niels Högel est loin de les avoir tous avoués mais il s’est récemment souvenu d’un homicide datant d’octobre 2001 et celui-ci a pu être ajouté lundi à l’acte d’accusation, a annoncé le tribunal. « Le résultat de deux exhumations en Turquie sont aussi toujours en attente », a également précisé un porte-parole du parquet à l’AFP.

Les enquêteurs évaluent le nombre réel des victimes à plus de 200, mais il sera impossible de le prouver car de nombreux patients ont été incinérés. C’est à ce sujet aussi qu’on attend des explications de l’accusé.

Si celui-ci avait murmuré une excuse lors de son premier procès, il était resté muet lors du second. L’expertise psychiatrique a révélé des troubles narcissiques et une peur panique de la mort. Il n’a jusqu’à présent exprimé aucun remord.

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