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Assassinat de Khashoggi: «Aucun élément direct» liant le prince héritier, selon Mike Pompeo

DIPLOMATIE Selon des fuites dans les médias, la CIA estimerait cependant que Mohammed ben Salmane a bien commandité le meurtre de ce journaliste saoudien critique du régime…

Opération damage control. Les services de renseignement américains ne disposent d’aucun élément « direct » liant le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane au meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, a affirmé mercredi le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. Selon plusieurs médias américains, la CIA estime que l’assassinat a été commandité par « MBS ».

« Je crois avoir lu tous les éléments du renseignement », « il n’y a aucun élément direct liant le prince héritier à l’ordre de tuer Jamal Khashoggi », a dit Mike Pompeo à la presse après avoir été auditionné à huis clos par le Sénat. Avec le ministre de la Défense Jim Mattis, il a fait le point sur ce que sait l’administration de Donald Trump au sujet de l’assassinat de Khashoggi début octobre au consulat saoudien à Istanbul

Donald Trump avait déjà dit que l’agence de renseignement extérieure n’était parvenue à aucune conclusion définitive. Mais le renseignement américain ne livre jamais un verdict absolu : il attribue un degré de confiance à ses conclusions. Et selon le Washington Post, la CIA a une « certitude élevée » que le prince héritier a commandité l’assassinat. Pour parvenir à ces conclusions, précise le Washington Post, la CIA a examiné plusieurs sources de renseignement, notamment un appel entre le frère du puissant prince héritier, également ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, et Jamal Khashoggi. Selon le quotidien, Khalid ben Salmane a conseillé à Jamal Khashoggi de se rendre au consulat saoudien à Istanbul, lui assurant qu’il ne lui arriverait rien.

Alliance « inébranlable » avec Riyad

« Que se passerait-il si les Etats-Unis se retiraient de l’effort au Yémen ? Et bien devinez : la guerre ne cesserait pas », a également dit Mike Pompeo aux sénateurs, qui pourraient voter dès mercredi sur un texte prévoyant l’arrêt du soutien militaire américain à la coalition sous commandement saoudien. Selon l’ONU ce conflit, qui a fait depuis 2015 au moins 10.000 morts et selon certaines ONG jusqu’à cinq fois plus, a placé en situation de pré-famine au moins 14 millions de personnes dans le pays, déplacées par les combats.

Pompeo a également défendu la décision du président des Etats-Unis de maintenir l’alliance « inébranlable » avec Ryad malgré les soupçons pesant sur le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans ce meurtre. Et donc tenté de les convaincre de ne pas voter contre l’implication américaine dans la guerre au Yémen.

Résistance au Congrès

Mardi, les élus démocrates ont critiqué l’absence de la patronne de la CIA au briefing, estimant que la Maison Blanche cherchait à protéger son allié saoudien. Le sénateur républicain Bob Corker, patron de la puissante Commission des Affaires étrangères de la chambre haute et critique du milliardaire américain, a accusé la semaine dernière la Maison Blanche d’être devenue « une agence de relations publiques » pour « MBS ».

« L’Arabie saoudite, du fait de sa situation géographique et de la menace iranienne, est fondamentale pour maintenir la sécurité régionale et d’Israël, et nos intérêts dans la stabilité au Proche-Orient », a insisté le ministre de la Défense. « Des relations de long terme nous guident mais ne nous aveuglent pas », selon Jim Mattis.

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