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Philippines: Au moins 17 morts dans un attentat contre une église de Jolo

PHILIPPINES L’attentat intervient deux jours après l’annonce de l’approbation massive, lors d’un référendum, de la création dans le sud du pays de la région autonome Bangsamoro, dans le cadre du processus de paix avec l’insurrection musulmane…

Au moins 17 personnes ont péri dimanche dans un double attentat contre une église de l’île de Jolo, bastion de l’organisation islamiste Abou Sayyaf dans le sud des Philippines, a annoncé l’armée.

L’attentat intervient deux jours après l’annonce de l’approbation massive, lors d’un référendum lundi dernier, de la création dans le sud des Philippines de la région autonome Bangsamoro, dans le cadre du processus de paix avec l’insurrection musulmane.

La première bombe a explosé dans l’église au moment de la messe, et la seconde dans le parking quand les militaires sont arrivés, a déclaré à l’AFP le lieutenant-colonel Gerry Besana, porte-parole régional de l’armée. Des photos diffusées par la police régionale montrent des débris éparpillés près de l’entrée de l’église et un camion militaire endommagé.

Rétablir la paix après des décennies de conflit

Cinq soldats et 12 civils ont été tués dans ce double attentat qui a également fait 57 blessés, a déclaré l’officier. « C’est probablement un acte terroriste. Il y a des gens qui ne veulent pas la paix », a-t-il ajouté. Le chef de la police nationale a de son côté fait état de 19 morts et 48 blessés. « Nous utiliserons toute la force légale pour amener devant la justice les auteurs de cet incident », a déclaré dans un communiqué le ministre de la Défense Delfin Lorenzana. L’armée a annoncé avoir acheminé par hélicoptère certains blessés vers la ville voisine de Zamboanga.

Jolo fait partie de la région autonome Bangsamoro dont la création vient d’être plébiscitée lors d’un référendum. La mise en place de cette zone sur un territoire à majorité musulmane – alors que l’archipel est majoritairement catholique – vise à rétablir la paix après des décennies d’un conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts.

Des musulmans avaient pris les armes dans les années 1970 pour réclamer l’autonomie ou l’indépendance du sud des Philippines qu’ils considèrent comme leur terre ancestrale. Cette insurrection a fait 150.000 morts.

Abou Sayyaf accusé d’avoir organisé les pires attentats du pays

Le principal groupe rebelle, le Front Moro islamique de libération (Milf), avait signé en 2014 un accord de paix avec le gouvernement prévoyant d’octroyer l’autonomie à la minorité musulmane dans certaines parties de la grande île de Mindanao et des îles de l’extrême sud-ouest.

Conformément à cet accord, 2,8 millions d’habitants de cette région ont été appelés lundi à voter et 1,7 million se sont prononcés en faveur de la création de la nouvelle région autonome nommée Bangsamoro, quelque 254.600 ayant voté contre, a fait savoir vendredi la commission électorale.

Ce processus, qui a débuté dans les années 1990, n’inclut pas les organisations islamistes comme Abou Sayyaf encore très actives dans le sud des Philippines et que le Milf combat aux côtés des forces gouvernementales, avec lesquelles il a fait alliance. La province de Sulu, à laquelle appartient Jolo, bastion d’Abou Sayyaf, a globalement voté contre la création de la nouvelle région

Abou Sayyaf, qui s’est spécialisé dans les enlèvements crapuleux, est aussi accusé d’avoir organisé les pires attentats perpétrés dans l’archipel, en particulier celui contre un ferry qui avait fait plus de 100 morts en 2004. Abou Sayyaf est une ramification extrémiste de l’insurrection séparatiste musulmane. Il a été créé dans les années 1990 grâce aux financements d’un membre de la famille du chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden.

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