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La deuxième révolution algérienne

La rue ne lâche pas prise. Elle s’exprime et dit non aux dernières propositions d’Abdelaziz Bouteflika. C’est une révolution et quelle révolution ! Inédite par son ampleur et pacifique par ses actes. Du jamais vu ailleurs dans le monde. Même en Ukraine il y a eu des morts, des blessés et des emprisonnements.

On peut dire, sans risque d’erreur, que c’est la deuxième révolution algérienne aves toutefois une différence et non des moindres car la première celle du 1er novembre 1954 a été le fait d’un groupe d’hommes, 22, qui avaient soigneusement préparé son déclenchement  par des  actions armées à travers une grande partie du territoire national  et qui entraina progressivement, mais pas tout de suite le consentement des Algériens.

Une révolution armée entrainant une répression terrible et plus d’un million de victimes pour la plupart civiles. Celle qui débuta le 22 février dernier n’est pas le fruit d’une organisation secrète mais d’appels de milliers de personnes à travers les réseaux sociaux, une arme redoutable dont le pouvoir n’a aucun contrôle. Un appel qui a été suivi par des milliers de citoyens au départ puis des centaines et enfin des millions à travers tout le pays et ce n’est aucunement fini ! Les rues de villes, grandes et petites mais également des bourgades de ce cette Algérie profonde si paisible mais écrasée et ignorée ne désemplissent pas.

Chaque jour qui passe les revendications s’affinent. Il y eut d’abord celle qui a dit non à un cinquième mandat du président sortant et il y a maintenant celle qui refuse tout le système politique qui a pris possession de l’Algérie depuis 57 ans. 80% de la population algérienne estimée à plus de quarante millions d’habitants dont la presque moitié est composée de jeunes âgés de vingt à vingt cinq ans  signifie clairement sa lassitude et entend ne plus se faire berner par les 20% restants, ces tenants de ce système pernicieux qui se sont accaparés des deux tiers de la richesse nationale ne laissant au peuple que des miettes.

Cette majorité très longtemps silencieuse qui avait subi les affres d’un terrorisme sanglant durant 10 années et qui  avait fondu un immense espoir en la personne d’Abdelaziz Bouteflika s’est rendue compte amèrement que le mal qui ronge ce pays n’est pas le fait d’un seul homme mais d’un système politique miné par la corruption et faisant du clientélisme sa marque de fabrique.

Un système né au lendemain de l’indépendance de l’Algérie et dont ceux qui l’animaient et ceux qui l’animent encore aujourd’hui ont juré de ne jamais lâcher le pouvoir et que tous ceux qui se mettront en travers d’eux seront éliminés d’une manière ou d’une autre. Une situation qui a fini par faire sauter le couvercle d’une marmite en ébullition. Il est d’évidence trop tard pour remettre ce couvercle à sa place comme a essayé de le faire le chef de l’Etat en faisant des propositions en demi teinte pour calmer la colère d’un peuple qui ne veut plus se faire avoir .

Cette révolution citoyenne et pacifique ne pourra déboucher que par le départ de ceux qui ont fait de l’Algérie leur héritage. Le temps de la réappropriation de la souveraineté populaire est arrivé et plus rien ne le spoliera désormais.

 

 

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