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La manifestation du 12 avril rappelle celle d’octobre 1961

Il y a des souvenirs qui reviennent à la mémoire de ceux qui les ont vécus. C’est ainsi que la grande manifestation du vendredi 12 avril rappelle celle d’octobre 1961 où le peuple de la Casbah manifesta pour la première fois en criant à la face des gardes mobiles et militaires français leur espoir de liberté. A un mégaphone qui leur entonnait » Qu’est-ce que vous voulez ? » La foule répondit « L’Istiqlal ».

Ce vendredi 12 avril ce sont tous les Algérois qui sont descendus dans les rues d’Alger manifester  pour cette seconde indépendance de l’Algérie. La première ayant été confisquée car le message du 1er Novembre 1954 qui prônait clairement une république démocratique et sociale fut remplacé par une république démocratique et populaire un travestissement d’un statut par un autre celui d’une démocratie « populaire » qui est un clonage des dictatures de l’est de l’Europe.

Le régime qui prit le pouvoir en 1962 n’était pas ce que les Algériens attendaient. Il imposa au peuple souverain sa volonté et sa pensée unique étrangère à nos valeurs authentiques Réprimant toute velléité de contestation il gouverna en ignorant totalement cet espoir du peuple de liberté et de démocratie. Tout au long de ces cinquante sept années la répression était omniprésente. On peut dire qu’elle n’a pas manqué à son devoir.

Vendredi dernier elle a refait surface et s’est exercée sur le peuple qui manifestait sereinement et pacifiquement pour réclamer que justice soit enfin faite envers lui et qu’on lui restitue cette liberté confisquée plus de cinquante ans par une multitude de clans qui se livraient entre eux une guerre d’influence pour maintenir leur pouvoir qu’ils pensaient indestructible. Un pouvoir aujourd’hui plus que chancelant mais pas encore à terre qui n’hésitera pas à utiliser tous les moyens pour conserver quelque influence sur le destin de cette nation qui a souffert du colonialisme, de la dictature militaire, d’une guerre civile sanglante et destructrice et de la mainmise par un seul homme de ce pays.

Cela en fait trop et cela les Algériens ne le veulent plus. Ils ne désirent qu’une chose prendre leur destinée en mains. Ils se méfient plus que jamais de cette notion galvaudée d’homme providentiel ou d’élites dévoyées par la tentation d’exercer un pouvoir semblable à celui qui s’est imposé pendant vingt ans. Leur revendication est unanime c’est celle de l’instauration d’un Etat de droit et des institutions indépendantes l’une de l’autre. Cette aspiration fait peur aux résidus claniques qui ne veulent pas lâcher du leste car ils savent qu’ils seront impitoyablement balayés de tout champ politique et ne verront plus leurs hommes de mains les servir comme ils l’ont toujours fait. Cette nouvelle page qui vient de s’ouvrir dans cette Algérie de 2019 ne sera pas sanglante comme l’espèrent secrètement ceux qui complotent contre le peuple. Elle inscrira une nouvelle écriture, transparente de limpidité où chaque Algérien aura son mot à dire sur son avenir.

 

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