Actualités Economie 

Quelles réformes économiques pour un pays qui n’a plus de repères ?

Bouteflika et consorts avaient prévu des réformes économiques qu’ils auraient mis en place s’ils savaient été maintenus au pouvoir. Ce n’est manifestement plus le cas même si certains cercles du pouvoir décapité espèrent revenir aux commandes pour les mettre sur rail.

A présent que tout a été chamboulé et que l’image de Bouteflika est ternie à jamais toutes les réformes concoctées dans le plus grand secret et qui devaient servir à enrichir une classe d’affairistes sans scrupules aidée par cet Etat à se constituer comme un partenaire incontournable auquel tout gouvernement devait obéir sont à présent décriées et huées par le peuple .

Un peuple qui réclame son droit souverain de redistribution des produits de la croissance. Jusqu’ici il n’obtenait que des miettes, le reste était partagé en partie par ceux qui gouvernent et l’autre par tous ceux que le pouvoir a choisis pour faire tourner la machine économique à leur profit exclusif. A présent que le couvercle de la boite de Pandore est ouvert et que tout ce qui est sale à l’intérieur commence à sortir il sera difficile de parler de réformes sans associer toutes les composantes de la société à leur élaboration.

Et puis d’abord de quelles réformes discutera t-on ? De celles où l’Etat détient la toute puissance et exerce son diktat sur l’économie du pays ? Ou celles d’un partage équilibré entre la puissance publique ne détenant que les secteurs jugés stratégiques comme les ressources naturelles et les infrastructures économiques du pétrole, du gaz et de l’électricité et de a distribution de l’eau et des opérateurs économiques privés agissant dans un cadre strictement réglementé où les citoyens à travers leurs représentants élus exerceront un contrôle continu sur leurs activités afin que celles-ci n’échappent pas à l’internet général .

Il reste pourtant un chantier concernant les futures réformes, celui du devenir des entreprises publiques, dont la plupart sont dans un état de précarité économique manifeste. Il est devenu impératif  pour que le pays accède à la croissance dans le cadre de la diversification de ses segments pour ne plus être dépendant de la seule rente procurée par les hydrocarbures de réformer en profondeur le statut de ces EPE et de ces groupes industriels publics qui ne servent qu’à payer tout juste leurs employés et qui ne sont jamais parvenus à être compétitifs ni performants.

Une restructuration globale s’impose et celle-ci doit ôter toute prérogative l’Etat dans la prise de décision. Ces entreprises ou holdings publics ont jusqu’ici échoué car elles ont de tout temps été entièrement sous  la tutelle gouvernementale. On doit sans les dessaisir de leur coté public  leur donner la possibilité de jouir d’une autonomie réelle et non fictive. Ceux qui les dirigent d’être doivent prendre le risque s’ils échouaient d’être mis sous liquidation judiciaire comme cela se fait partout dans les pays à forte croissance économique. Pour ces entreprises anciennement dirigées par l’Etat la formule de cogestion répond le mieux.

En associant les travailleurs et les cadres dirigeants dans toute décision économique on arrivera à concilier les intérêts des salariés et ceux de la trésorerie de l’entreprise ou du groupe industriel. Enfin et pour parachever es réformes économiques il faut instituer l’actionnariat populaire au niveau de toute entreprise publique ou privée faisant travailler au minimum 250 employés. Un actionnariat qui  donnera à ces employés un droit de faire partie du conseil d’administration jusqu’ici composé par le ou les patrons ou associés.

Enfin il faut donner à la Bourse des valeurs d’Alger sa vraie place dans l’économie réelle pour coter les entreprises publiques et privées et leur permettre grâce au jeu de leurs actions introduites en bourses devenir des géants de l’économie nationale. Ce genre de réformes doit être débattu par les intervenants économiques n’ayant jamais fait partie du système rentier et sur mesure que nous avons connu durant ces vingt dernières années. Alors seulement on pourra enfin dire que l’Algérie est la propriété de tous les Algériens.

Articles relatifs

RSS
Facebook
Google+
Twitter
LinkedIn