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Ouyahia intouchable ?

Depuis sa comparution devant la cour suprême où il  en sortit après avoir été entendu par les juges, l’ex premier ministre se fait  apparemment discret mais en coulisse il n’est pas inactif. La preuve jusqu’à l’heure actuelle il est toujours le leader du RND, son parti, malgré l’opposition de nombreux militants qui ont tout fait pour le destituer mais sans succès.

Egal à lui-même, ne perdant jamais son sang froid, le verbe incisif,  Ahmed Ouyahia ne montre jamais son désarroi. Pourtant il a du souci à se faire car il est la cible numéro un du peuple qui ne le porte pas dans son cœur et c’est le moins que l’on puisse dire à son sujet. Homme de dossiers cet énarque qui s’est vite converti en politique a toujours misé sur le haut du podium. Propulsé par Liamine Zéroual il a été ce premier ministre aux commandes de grandes manœuvres qui ont conduit à la mise en œuvre des réformes structurelles où un large pan des entreprises publiques furent démantelées, une à une, laissant sur la paille des milliers de travailleurs.

A son corps défendant il n’aurait pas pu faire autrement car le FMI  à l’époque veillait scrupuleusement pour que de telles réformes aient lieu, le pays était endetté jusqu’au cou. Il avait quand même négocié avec âpreté un rééchelonnement de cette dette, ce qui a permis de sauver le trésor public d’une possible banqueroute. Pour sa gouverne Ouyahia a toujours été un bon gestionnaire de la gouvernance économique. On lui doit bien cela et dire le contraire serait mentir. Sur le plan politique par contre il n’avait pas de personnalité. Il a toujours été le serviteur fidèle du sommet du pouvoir.

Se détournant de celui qui l’avait placé à la tête de l’exécutif il courtisa celui qui le remplaça jusqu’à son effacement total puisque Bouteflika, au début de sa mandature se méfiait de lui, voire il ne ‘appréciait guère. Il ne garda d’ailleurs pas son poste de premier ministre car il fut remplacé par Abdelaziz Belkhadem. Patient et bon encaisseur il attendit son heure car il savait que cette Algérie dont voulait modeler Abdelaziz Bouteflika ne pouvait pas être dirigée par ce cacique du FLN qui louvoyait à n’en plus finir et contrariait trop souvent le chef de l’Etat. Pour la seconde fois c’est à lui que Bouteflika fit appel car l’ex président a vite compris que l’impopularité d’Ouyahia le servait beaucoup plus qu’elle ne le desservait. Mais il trouva plus servile que lui en la personne de Sellal et  Il fit appel à ce dernier pour orienter l’Algérie vers ce libéralisme façon Bouteflika qui donna naissance à une classe d’affairistes proches de l’ex président et de son entourage immédiat.

Ouyahia a été mis en réserve en occupant le poste stratégique de directeur de cabinet de la présidence de la République où il put agir à sa guise en tirant les bonnes ficelles. Bien vite Ouyahia s’acoquina avec ces oligarques dont certains d’entre eux, mais pas tous, et les mit en scène de manière trop spectaculaire à telle enseigne mais ce n’était pas lui qu’on rendait coupable de cette trop grande proximité avec ces hommes d’affaires, c’était Abdelmalek Sellal alors qu’en réalité ce dernier ne faisait que suivre des ordres du frère du président lequel avait des liens plus que puissants avec ces oligarques. En forçant trop la dose avec ce cercle dont Ali Haddad en était le chantre il finit par heurter son chef direct le président lui-même qui le remplaça pour un court moment par Abdelmadjid Tebboune qui avait une autre conception de la gouvernance économique et qui voulait casser le clan des affairistes qui l’empêchaient de mettre sur pied une politique économique où le secteur public serait toujours la pièce maitresse du moteur économique de l’Algérie.

C’était sans compter sur l’influence qu’avaient ces milieux d’affaires sur le clan présidentiel qui arriva à persuader le président qu’il avait fait un mauvais choix en nommant Tebboune à la tête de l’exécutif. Après un passage fructueux à la présidence de la République où il exerçait la fonction sans risque de directeur de cabinet du président c’est encore à lui qu’on pensa pour diriger un exécutif désormais expurgé de tout ce qui contredisait la politique de l’ex président déjà très affaibli par son accident vasco cérébral.

Encore une fois la servilité légendaire qui collait à son personnage dont il a fait sa marque de fabrique, pensant à tort que ce serait à lui qu’on penserait le jour où le président rendrait l’âme pour diriger le pays le desservit et quand le peuple ,comme un seul homme a crié « ça suffit » il fut sacrifié comme il le fut tout au long de sa carrière politique dont il excella dans le rôle de deuxième homme . Ne saisissant toujours pas l’ampleur du mouvement citoyen qui l’ a déjà classé persona non grata l’homme qu’il a toujours été croit encore à son improbable étoile conforté en cela par sa position de fusible car il semble que la justice n’a pas encore trouvé quelque chose de solide pouvant l’incriminer et le jeter en prison .C’est peut être pour cela qu’il s’estime intouchable et attend son heure pour jouer un quelconque rôle dans les évènements à venir , sauf que cette fois-ci  son heure semble sonner . Il rendra des comptes un jour ou l’autre et il aura affaire à des gens qui n’ont jamais connu la compromission.

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