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Au Soudan, au moins 60 morts à la suite d’une intervention de l’armée contre les manifestants

KHARTOUM – Soixante personnes sont mortes au Soudan depuis lundi, date de la dispersion, sur ordre du Conseil militaire, du sit-in devant le QG de l’armée à Khartoum, a annoncé mercredi le comité des médecins dans un nouveau bilan.

Il s’agit du dernier bilan provisoire fourni par ce comité proche de la contestation. L’opération de dispersion de ce rassemblement emblématique de milliers de manifestants, qui réclamaient depuis des semaines le transfert du pouvoir aux civils, a été vivement condamnée à l’étranger, notamment par l’ONU, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

Un précédent bilan faisait état de 35 morts.

Le comité des médecins soudanais accuse les “milices du conseil (militaire) (…) d’être responsables de ce massacre”.

La contestation juge ainsi que les Forces de soutien rapide (RSF) sont les principaux auteurs de la dispersion par la force du sit-in devant le QG de l’armée lundi.

Le mouvement a appelé à poursuivre la mobilisation et rejeté l’appel à des élections par les militaires au pouvoir.

Le sit-in, dans le prolongement de la contestation inédite déclenchée en décembre,  avait débuté le 6 avril pour réclamer le départ du président Omar el-Béchir, destitué par l’armée cinq jours plus tard et remplacé par un Conseil militaire de transition.

Ce rassemblement qui se veut pacifique avait débuté le 6 avril pour réclamer le départ du président Omar Al-Bachir, destitué par l’armée cinq jours plus tard et remplacé par un Conseil militaire de transition. Mais le sit-in s’est poursuivi depuis pour exiger le transfert du pouvoir aux civils.

Depuis lundi, des images d’amateurs filmées durant la dispersion montrent des dizaines de manifestants, essentiellement des jeunes, courant pour fuir les balles tirées de loin. Dans leur course, certains transportent péniblement des blessés. « La situation est maintenant pire que jamais », a condamné l’Association des professionnels soudanais (SPA), clé de voûte de la contestation. Le Conseil militaire a dit « regretter » les violences de lundi. Il a évoqué une « opération de nettoyage » près du sit-in par les Forces de sécurité qui a mal tourné.

Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies s’est réuni à huis clos mardi en urgence à la demande de l’Allemagne et du Royaume-Uni, qui ont présenté un communiqué appelant les militaires et les manifestants au Soudan à « continuer à travailler ensemble vers une solution consensuelle », selon le document consulté par l’AFP. Mais l’initiative a été bloquée par la Chine et par la Russie.

Dans un communiqué commun, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Norvège ont estimé que « le peuple soudanais mérite une transition dans le calme, menée par des civils, qui puisse établir les conditions pour des élections libres et justes, plutôt que d’avoir des élections hâtives imposées ».

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