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Saïd Bouteflika, Tartag et Toufik devant les juges du TM

C’est en principe aujourd’hui mercredi 12 juin que s’ouvre le procès des généraux Tartag, Mediène (dit Toufik) et Saïd Bouteflika, le frère de l’ex président de la république. Après la lecture des actes d’accusation concernant les trois prévenus il y aura peut être un report d’audience qui sera vraisemblablement demandé par les avocats de la défense.

 Les accusations contre ces prévenus sont graves. Il est question de trahison et de complot contre la sureté de l’Etat. Les accusés risquent la peine capitale, bien que le mémorandum signé par l’Algérie a suspendu l’application de toute exécution entrainant la mort d’un condamné à la peine capitale. Si les peines requises par le procureur militaire de la cour de Bida sont suivies par les jurés et les juges, les condamnés purgeront une peine d’emprisonnement à vie sans possibilité de liberté. Les défendeurs des accusés sont pessimistes et savent que leurs plaidoiries ne serviront à rien. Ce sera, tout au plus, qu’un baroud d’honneur.

En vérité ces accusés ont déjà été condamnés par l’opinion publique et par les plus hautes instances de l’armée qui ne leur pardonne pas la façon dont ils se sont comportés après la démission de l’ex président. On leur reproche d’avoir fomenté un complot contre le chef d’état-major de l’armée. Ils voulaient, selon, ce qui s’est dit en coulisse, décapiter l’armée de son chef et prendre la place de ce dernier. Tout cela dans le but de restaurer l’ancien système et reprendre la main. L’autre reproche qu’on leur fait est celui d’avoir préparé, en secret, une riposte foudroyante conte le mouvement citoyen du 22 février.

Ils envisageaient selon les informations fournies discrètement par les services de renseignement de l’armée de réprimer sauvagement le peuple qui sortait dans les rues des villes d’Algérie pour exiger le départ du système. En somme une situation en tous points semblable à celle que connait actuellement le Soudan. C’est aussi la réplique exacte de ce qui s’était passé en 1988 lorsque Chadli, alors président de la République avait instauré l’état de siège et ordonné à l’armée de tirer sur la foule. Si ce plan avait réussi l’Algérie aurait sans doute renoué avec le spectre de la guerre civile, encore une dont la durée et les implications sont impossibles à évaluer aujourd’hui puisque ce plan machiavélique a été déjoué à temps.

Une autre décennie noire comme en a fait allusion le général Gaid Salah lors de son discours qui  faisait suite à sa proclamation d’appliquer l’article 102 pour inaptitude du président à gouverner. Sans doute car la lutte contre un tel coup de force ou plutôt ce coup d’Etat aurait pris la forme de la clandestinité et celle-ci englobe tous les courants qui traversent la société algérienne, des radicaux islamistes, identitaires laïcs. Le pays très convoité par les puissances étrangères à leur tête la France serait alors entré dans une spirale à la syrienne car les Russes, les pays du golfe à leur tete l’Arabie Saoudite, alliée numéro un des Etats-Unis mais aussi les Chinois seraient, aucun doute là-dessus, entrés dans la danse. Voila à peu près le danger mortel auquel l’Algérie a échappé. L’action salutaire de Gaid Salah, dans ce cas précis a été des plus salutaires. Le procès de ces personnages controversés révèlera sans doute bien d’autres aspects que le peuple ignore mais tout cela doit être établi dans la plus totale transparence. La chose qui attire le plus d’attention est l’absence de Louisa Hanoune. Aura t-elle un procès à part ou rejoindra t-elle, elle aussi, le banc des accusés qui ne sera plus de trois mais de quatre ?

 

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