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DEPUIS LE 9 JUILLET, L’ETAT EST SANS CHEF

Le neuf juillet à zéro heure plus une seconde l’Etat algérien n’a personne pour le diriger car selon la constitution si chère au chef d’état-major de l’armée l’intérim de 90 jours devant être assuré par le président du conseil de la nation a expiré . La « fatwa » prise par le conseil constitutionnel n’a aucune valeur juridique et cela tout le monde le sait y compris le chef de l’institution militaire.

 On s’attendait à ce que le vice ministre de la défense nous éclaire sur cet imbroglio juridico-politique mais il ne l’a pas fait. Dans son discours d’hier le général n’en a pas fait allusion. Il s’est contenté d’énoncer des généralités alors que le peuple et la classe politique attendaient une position allant dans le sens du renforcement du dialogue avec les  authentiques représentants du peuple. Cette position n’apparait pas. Par contre le vice ministre de la défense a brandi la carotte en déclarant protéger les manifestants du vendredi et celles de la semaine contre les abus des policiers, intolérables selon lui mais aussi le bâton en allant de son crédo contre « ceux qui menacent l’unité du peuple ». Il a également fustigé ceux qui défendent ceux qui ont critiqué l’armée. L’allusion concerne  évidemment le moudjahed Bouregaa.

Ce discours de mercredi ne diffère en rien de celui des autres et c’est dommage car la rue algérienne n’a cessé de réclamer le départ de Bensalah et de Bedoui depuis des mois sans résultat. Hier 10 juillet aurait du marquer le départ du chef d’Etat par intérim et le chef d’état-major de l’armée a raté une superbe occasion de donner raison à la constitution et aux demandes du peuple souverain. Il ne l’a pas fait et on se demande d’ailleurs pourquoi. Personne ne comprend cet acharnement à garder quelqu’un qui ne dispose plus de légitimité car cette invention de la « fatwa » ne remplace pas la loi fondamentale source du fondement de l’Etat républicain. Le conseil constitutionnel en utilisant une telle procédure s’est dévoyé et perd ainsi toute légitimité. Résultat : L’Algérie est aujourd’hui montrée du doigt par les instances internationales. Toutes les chaines de télévision étrangères en parlent en disant que ce pays se trouve à partir du 9 juillet sans représentation au sommet de l’Etat.

La colère du peuple est à son comble. Mardi dernier les étudiants qui sont le fer de lance du mouvement citoyen ont salué la fin de l’intérim légitime de Bensalah en scandant « Mabrouk Alaina » et ont repris le slogan exigeant son départ. Aujourd’hui jeudi les avocats des barreaux d’Alger, d’Oran et de Constantine manifesteront et une de leurs revendications portera sur le rétablissement de la légitimité constitutionnelle qui ne prévoit pas de prolongation du mandat du président du conseil de la nation. Demain vendredi des millions d’Algériens reprendront la même revendication et tout cela laisse de marbre le vice ministre de la défense. Si ce dernier a à cœur l’Algérie et son avenir il doit impérativement prendre une position sans faille en s’appuyant tout simplement sur la constitution qui est pour lui et il l a dit à maintes reprises que  c’est  la seule autorité à laquelle il obéit. Alors qu’attend t-il pour concrétiser dans les paroles et les faits cette obéissance ? Peut –être qu’il le fera les prochains jours en mettant, on l’espère , un point final à cette incongruité.

 

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