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DURCISSEMENT

La revue « El Djeich », organe officiel de l’armée a dans sa dernière livraison fustigé tous ceux qui proposent une transition démocratique qui débouchera sur une élection présidentielle. Le ton est clair et sans ambigüité. Il fait surtout savoir que c’est l’institution militaire qui exerce actuellement le pouvoir en Algérie, en attendant l’élection d’un président de la République.

Ceux qui pensent encore que c’est Bensalah qui est aux commandes de l’Etat se trompent de bout en bout . L’actuel chef de l’Etat par intérim n’est en fait qu’un figurant et il ne fait qu’appliquer les ordres venant du ministère de la défense. Les millions d’Algériens qui sortent manifester pour exiger le départ de Bensalah et de Bedoui, ne sont pas au bout de leur peine. Leurs revendications sont restées lettre morte et cela va encore continuer jusqu’à ce que la conférence dite inclusive ait lieu dans les conditions émises par l’armée. Par ailleurs, l’institution militaire vient de prendre des mesures coercitives concernant tous ceux qui la critiquent ou qui veulent la détourner de ses objectifs. C’est ainsi que nous venons d’apprendre que le ministère de la défense vient d’ordonner la création d’une police judiciaire spéciale qui sera placée sous l’autorité d’un procureur militaire et qui sollicitera si cet officier supérieur l’exige la collaboration de la police.

Il s’agit, à n’en pas douter d’un cran supplémentaire dans le durcissement.  Désormais il faudra s’attendre à des interpellations de personnes qui s’expriment librement en demandant par exemple que soit mis fin à l’arbitraire  consistant à imposer des limites à la liberté d’expression. Cela veut dire aussi que tous ceux qui sont emprisonnés pour avoir soit brandi l’emblème amazighe  ou proféré des slogans hostiles à l’armée et à celui qui la dirige  ne seront pas libérés malgré toutes les protestations des partis politiques, de la société civile et de toutes les organisations estudiantines. Le rêve de l’établissement d’un Etat de droit, consacrant une séparation véritable et non illusoire des pouvoirs est-il pour autant brisé ? L’éditorialiste de la revue « El Djeich » assure que non et affirme qu’une fois un président élu gouvernerait l’Algérie comme un chef d’Etat, l’armée retournerait dans ses casernes.

Cela a au moins le mérite d’entre dit une fois pour toutes. Il reste à présent au mouvement citoyen, à la classe politique et à la société civile de trouver les voies et moyens pour constituer une coalition la plus large possible pour aller à cette conférence si chère au vrai pouvoir. C’est à cette coalition qui doit regrouper tous les opposants à l’ère Bouteflika qu’il appartient de dicter ses règles et celles-ci sont clarifiées puisqu’il n’est plus question d’exiger une période de transition mais de mettre autant de gardes fous pour que l’élection présidentielle se tienne dans des conditions de transparence totales avec la mise en place d’une commission indépendante de surveillance de cette élection qui exclura l’administration en mettant à sa place des juristes , des syndicalistes , des représentants du mouvement citoyen et ceux des étudiants . Cette revendication est possible et elle sera sans doute acceptée par l’institution militaire qui veillera alors, elle aussi, au respect du vote des citoyens le jour où ils éliront le prochain président de la république.

 

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