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DRAA ER RICH, L’AGGLOMERATION DORTOIR

La nouvelle ville de Draa Er Rich, située à une trentaine de kilomètres d’Annaba, jouxtant la daïra de Berrahal n’est pas une ville mais une cité comme le fut El Bouni pendant des années avant de devenir une agglomération élevée au rang de daïra. Elle rencontre les mêmes problèmes connus dans le passé par  cette dernière et cela risque de durer un bon bout de temps.

Contrairement à El Bouni, longtemps appelée SONATIBA, Draa Er Rich ne bénéficie pas d’une situation économique favorable comme cela a été le cas d’El Bouni om l’état financier du pays était quelque peu élevé et permettait d’améliorer la viabilité des habitants jusqu’à faire d’El Bouni une ville à part entière. Ce n’est absolument pas le cas du projet Draa Er Rich dont certains chantiers sont aujourd’hui à l’arrêt faute de financement. Ceux qui ont bénéficié de logements dans cette nouvelle agglomération sont privés de tout ce qui fait une ville ou même un village. Plusieurs bâtiments sont privés d’eau, d’autres d’électricité et les voies d’accès à ces bâtiments ne sont pas goudronnées. Quand il pleut c’est une immense mare boueuse que doivent emprunter ces habitants. Les plaintes ne cessent de s’accumuler et les résidents sont  excédés et à bout de nerfs. On leur répond que cela va bientôt s’arranger mais ce ne sont que des paroles creuses et des promesses qui ne seront pas tenues pendant longtemps.

Les caisses de l’Etat sont quasiment vides et toute viabilisation la plus élémentaire qui soit exige de l’argent. Beaucoup de gens qui ont reçu leurs clés et habitent aujourd’hui cette nouvelle ville où leur a fait miroiter un paradis terrestre sont repartis à Annaba du moins ceux qui ont toujours leurs logements dans cette ville. Ils préfèrent revivre l’exigüité de leurs anciens logements que végéter dans ce désert de béton peuplé la nuit par des sangliers qui viennent se nourrir dans les poubelles. Comment vivre dans un logement privé de lumière et d’eau et faire comme si rien n’était. Ces derniers temps tout le monde a remarqué qu’il n’y a plus d’affluence de demandeurs de logements contrairement à un passé récent où les citoyens réclamaient qu’on les loge mieux même à trente kilomètres d’Annaba fermant les routes à la circulation en brulant des pneus et laissant exploser leur colère. Le bouche à oreille a fonctionné depuis et ceux qui voulaient qu’on leur accorde un logement lorsqu’ils entendent qu’ils seront envoyés à Draa Er Rich se ravisent aussitôt et beaucoup d’entre eux retirent leurs dossiers de demandeurs de logements. Cette ville supposée désengorger Annaba de son trop plein d’habitants est devenue une hantise. Ceux qui y habitent parlent d’un ghetto où le minimum vital n’est même pas assuré.

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