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Campagne électorale/ Les chahuts sont au rendez-vous

La campagne électorale a commencé officiellement depuis hier 17 novembre. Elle durera trois semaines et s’achèvera le 8 décembre , soit trois jours pleins avant le vote prévu le 12  du mois prochain .En son premier jour un des candidats , en l’occurrence Ali Benflis a palpé le terrain et celui-ci est terriblement accidenté . A Tlemcen où il s’est rendu il s’est trouvé en face de centaines de citoyens qui lui ont souhaité la « bienvenue » à leur façon.

La maison de la culture où il devait tenir son meeting de campagne était cernée par un important dispositif policier destiné à protéger le candidat contre toute atteinte à sa sécurité personnelle. Cela prouve que cette campagne électorale s’exerce dans un climat des plus tendus. Envolée la sérénité affichée jadis où les candidats s’annonçaient en fanfare. Ali Benflis qui est le premier à vouloir séduire les citoyens de cette ville de l’ouest se trouva en face de la colère de ces derniers qui d’emblée lui ont signifié qu’ils ne voteraient ni pour lui ni pour aucun autre des cinq candidats retenus. Les sympathisants de ce candidat ramenés par bus d’on ne sait où lorsqu’ils descendirent de leur moyen de transport ont été hués. Désorientés ils n’eurent d’autre choix que de s’engouffrer rapidement dans la salle où devait se tenir le meeting qui s’est déroulé en salle fermée composée uniquement de militants et de sympathisants du parti Talaat El Hourriette , formation dirigée par le candidat Benflis . Autrement dit le meeting en question s’adressait à des gens déjà convaincus sans la participation des Tlemcéniens. Il faut s’attendre au même traitement des quatre autres candidats lorsqu’ils sillonneront le pays de part en part .

L’autre candidat Abdelmadjid Tebboune  qui devait se rendre à Tizi Ouzou a annulé son rendez-vous à la dernière minute, préférant le rapporter pour plus tard, sachant pertinemment bien que son périple dans cette région qui rejette globalement l’élection de ce 12 décembre est foncièrement périlleux pour tout candidat à cette élection. Ce candidat vient d’ailleurs de subir un sérieux déboire avec la démission de son directeur de campagne, un personnage clé selon ceux qui le connaissent. La perte de cette pièce maitresse du dispositif mis en place par Tebboune rendra encore plus difficile sa campagne électorale car l’homme est connu pour ne pas être très à l’aise en matière de communication. Homme d’action et donneur d’ordres il se trouve aujourd’hui non pas face à des fonctionnaires subalternes mais devant des gens qui en ont gros sur la patate et qui ne se gêneront nullement de lui poser des questions embarrassantes dont il ne saura point répondre tant elles apparaitront défiant toute logique de raisonnement. Le manque de subtilité de ce candidat jouera contre lui. Il reste les trois autres candidats. Mihoubi ce journaliste qui ne tarissait pas de louanges adressées à l’ex président déchu et qui était un ministre bien noté par Ouyahia n’a jamais eu à faire face à un public de citoyens. Il s’est toujours exercé dans des conférences et des séminaires. Son langage ésotérique  destiné à des cadres d’entreprises publiques et à des fonctionnaires d’administrations centrales est du chinois pour le citoyen lambda. Il aura beau dire et expliquer cela entrera par une oreille pour en sortir de l’autre et toute son énergie à vouloir convaincre quelque électorat ne servira à rien. Belaid quant à lui aura à affronter cette jeunesse qu’il appelle de ses vœux à voter pour lui. Comment s’y prendra t-il pour amener des étudiants et des organisations de jeunes qui constituent la première force du Hirak à l’écouter et à débattre avec lui puisqu’il ne pourra pas utiliser les campus universitaires comme auditoires , la loi l’interdit formellement. Ira-t-il chaque mardi confronter les étudiants lors de leur rassemblement hebdomadaire. Qu’il essaie donc et il constatera alors l’accueil que ceux –ci lui réserveront. Enfin le dernier candidat qui présente mal, selon des milliers de témoignages faits sur les réseaux sociaux teintés d’expressions  humoristiques corrosives sa tentative avant même que ne débute officiellement la campagne électorale de séduire un éventuel électorat du grand sud a visiblement échoué puisqu’il a été copieusement hué à Tindouf. Qu’en sera t-il à El Oued , à Ouargla , à Laghouat ou à Ghardaïa ? Nous ne parlons pas du nord où les habitants entendent pour la première fois parler de candidat.

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