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Procès des « içabistes » : Un code de conduite indispensable

C’est en principe aujourd’hui mercredi que le procès des deux premiers ministres et de quelques hommes d’affaires se tiendra dans l’enceinte du grand palais de justice d’Alger –centre, rue Abane Ramdane. A moins d’un autre report il aura lieu dans une ambiance électrique et sous bonne garde pour empêcher un remake de ce qui s’est passé lundi dernier.

Le collectif des avocats chargés de défendre les accusés est vent debout. Les défenseurs ne veulent pas jouer aux figurants dans un procès public destiné à faire éclater toute la vérité sur ce qui s’est passé  au cours des années où l’exécutif était dirigé par Abdelmalek Sellal puis par Ahmed Ouyahia qui  succéda à ce dernier après l’intermède Tebboune. Les dossiers à charge concernant ces deux accusés sont lourds et le ministère public essaiera par tous les moyens dont il dispose à convaincre le président de la cour de le suivre dans ses réquisitions. Le procureur aura fort à faire car les défenseurs des deux accusés essaieront eux aussi de décrédibiliser le ministère public en présentant leurs arguments. Ils sont nettement défavorisés par une salle chauffée à blanc et une foule de gens attendant à l’extérieur du palais de justice qui a déjà proclamé son verdict. Néanmoins il faut que ce procès ne devienne pas un simulacre semblable à ceux que nous avions jadis connus et qui étaient préfabriqués. C’est toute la crédibilité de l’Etat intérimaire qui se jouera au cours de ce procès que l’on présente comme inédit alors que les premières impressions présentent tout le contraire.

Dans ce genre d’Assises observées par la presse nationale et étrangère le droit et seulement lui doit primer. Tout dérapage constaté ne fera qu’augmenter les soupçons déjà fortement enracinés chez les citoyens de ce pays que la justice reste soumise aux pressions du pouvoir mais aussi du peuple qui exprime des sentiments revanchards. Or la vengeance doit être proscrite dans tout procès se voulant équitable. Céder à celle-ci serait renier les grands principes du droit et de la présomption d’innocence. Il ne faut surtout pas annoncer une culpabilité qui n’est pas prouvée. C’est aux jurés assistés d’assesseurs d’en débattre au cours de leur délibération. Pour ce faire il faut donner aux avocats de la défense la possibilité d’exprimer leurs arguments juridiques. La balance penchera d’un coté comme de l’autre lors de la délibération du jury qui se déroulera, on s’en doute, dans une ambiance qui ne serait pas favorable aux accusés mais au moins lors du déroulement du procès les assistants pourront se rendre compte que les règles de la procédure pénale ont été respectées jusqu’au bout. Tout le monde sait que le verdict qui sera rendu à l’issue de ce procès ne sera pas clément pour les deux premiers ministres. Il le sera peut être relativement pour les hommes d’affaires qui font eux aussi partie des accusés. Les avocats de la défense feront tout pour reporter encore une fois ce procès et demanderont sans doute que ce report se fasse après l’élection présidentielle espérant que celui qui sera élu exigera de la justice  la reprise d’un procès aujourd’hui soumis à une pression populaire totalement guidée par de la colère. Pour ces avocats obtenir un tel report serait bénéfique pour eux car les esprits seront calmés. Il est néanmoins très improbable que le président de la cour accède à leur demande.

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