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La mise à l’épreuve de l’Algérie dans le dossier libyen : Tebboune sera dimanche à Berlin

Le dossier libyen est loin d’être réglé. Le centre de décision s’est déplacé à l’étranger incluant l’intervention de pays comme la Turquie et la Russie. Malgré les efforts fournis inlassablement par l’Algérie qui a quand même réussi à mettre d’accord Serraj et Hattar sur un cessez le feu, celui-ci s’est fragilisé avec la décision du maréchal libyen de quitter la table de négociations chapeautées par la Russie et la Turquie.
C’est avec une grande difficulté que Poutine et Erdogan ont réussi à convaincre Hattar de prolonger le cessez le feu de quelques jours en attendant le deuxième round des négociations qui aura lieu dans la capitale allemande L’Algérie dont la connaissance du dossier libyen est la plus complète est invitée à y assister au plus haut niveau puisque la chancelière allemande initiatrice de cette rencontre au sommet qui réunira les chefs d’Etats de Russie et de Turquie et peut être d’Italie a invité le président de la république Abdelmadjid Tebboune à faire valoir le point de vue de l’Algérie qui n’a pas changé sur le fond , à savoir l’unité du territoire libyen dirigé par un pouvoir issu d’un consensus et non imposé. Sur la forme néanmoins il y a peut être des choses à dire mais ce sera compliqué car l’Algérie représentée par Tebboune à ce sommet de la dernière chance ne reconnait qu’une seule direction politique de la Libye personnifiée par Serraj le chef du gouvernement d’union nationale, d’ailleurs légitimé par l’ONU. Tebboune sera-t-il inflexible au sujet de la légitimité de ce gouvernement installé à Tripoli mais dont le rapport de force sur le terrain lui est défavorable car les troupes du maréchal Hattar occupent déjà la ville de Syrte qui se trouve à une centaine de kilomètres de la capitale libyenne ? On se trouve aujourd’hui en face de deux belligérants, l’un soutenu diplomatiquement par l’Algérie et militairement par la Turquie et l’autre par la Russie, l’Egypte et l’Arabie saoudite. Cela fait trop d’acteurs sur le terrain et dans la négociation qui aura lieu dimanche à Berlin chacun avancera ses pions selon ses propres intérêts dans la région. Seule l’Algérie parle le langage diplomatique et celui de la raison. Tebboune fera donc tout pour convaincre tous ces acteurs à trouver un accord complet pour mettre un terme à un conflit qui n’a que trop duré et que, s’il persiste, deviendra un théâtre d’opérations guerrières qui incluront des mercenaires venus de tous les pays auxquels s’ajouteront les groupes de Daesh et d’El Qaeda qui sont déjà sur place dans le sud libyen. Le plus dur pour le président algérien consistera à amener le maréchal Hattar d’accepter un compromis mais celui-ci s’avèrera difficile si ce dernier perde la face. La diplomatie algérienne sera mise à l’épreuve encore une fois pour trouver une solution où chacun des belligérants estime qu’il est gagnant. Or il aura nécessairement un gagnant et un perdant. Mais lequel d’entre les deux ? Nous le saurons à l’issue de ce sommet de Berlin.

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