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Le torchon brule entre Zeghmati et le SNM

Rien ne va plus entre le ministre de la justice, Belkacem Zeghmati et le syndicat national des magistrats (SNM). Cette instance vient d’adresser une lettre de réclamation au président de la république lui demandant d’intervenir pour mettre fin aux pressions exercées par le ministre contre certains procureurs ou substituts et juges.

On croyait que la tension entre les magistrats et le ministre de la justice et garde des sceaux s’était atténuée lorsque Zeghmati ,pour calmer le jeu ,avait consenti de surseoir à sa décision de réorganiser le corps des magistrats à travers une série de mesures dont la plus décisive concernait la réaffectation des magistrats de leurs postes qu’ils occupaient depuis cinq ans. Une mesure justifiée et d’ailleurs prévue par  le règlement interne du corps des magistrats sauf que cela n’a jamais été appliqué. Zeghmati l’a rendu possible sauf que cela a fortement déplu aux magistrats concernés par ces mutations. Ils étaient au nombre de plus de 1300.

Parmi ces derniers il y avait des juges et des procureurs ou substituts qui avaient pour ainsi dire pris racine dans leurs postes qu’ils occupaient . Ils avaient construit des maisons et croyaient qu’ils allaient rester dans les wilayas où ils résidaient jusqu’à leur départ à la retraite.

Une aberration que le ministre de la justice qui avait été nommé par Bensalah avant l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 a voulu corriger, soulevant un tollé général du corps des magistrats lequel, souvenons- nous, avait appelé à la grève, laquelle avait été fortement suivie durant un mois jusqu’à ce qu’un accord à minima ait été trouvé entre le ministère et le SNM. Zeghmati avait alors consenti à suspendre la cadence de suspension de magistrats dont la décision d‘affectation n’était pas encore notifiée. Cela a fini par calmer le jeu et on pensait que tout était rentré dans l’ordre.

En fait ce n’était pas du tout le cas car le feu couvait sous une braise toujours ardente et active. En réalité le SNM  ne porte pas dans son cœur Belkacem Zeghmati qui faisait partie de la grande famille des procureurs de la république.  Ce magistrat a toujours a toujours été considéré par ses pairs comme un outsider.

Nommé par Bouteflika procureur général auprès de la cour d’Alger il provoqua la colère de l’ex président lorsqu’il avait émis un mandat d’arrêt contre Chakib Khalil, l’ex ministre de l’énergie qui jouissait de l’immense affection du président de l’époque.

La disgrâce ne s’est pas fait attendre et Zeghmati ne fit que subir de la part de ses pairs magistrats que railleries et sarcasmes durant des années. Pendant sa longue traversée du désert celui qui allait devenir ministre de la justice sous le gouvernement Bedoui et qui a été reconduit par Tebboune avait alors eu le temps d’observer ce qui se passait dans le corps des magistrats et au ministère de la justice. Il constatait avec effarement le nombre d’affaires louches qui étaient traitées avec la complaisance la plus totale et les complicités de procureurs, de substituts et de juges instructeurs.

Cet ex procureur mis à la touche par l’exécutif de l’ex président de la république  a vu passer des centaines de dossiers de corruption et de détournement de l’argent public et il ne pouvait rien faire. Néanmoins il avait mis ce temps d’observation à son profit puisqu’il lui a permis de connaitre un à un les magistrats corrompus ou complices de l’ancien système qui avait mis le pays à genoux. Lorsqu’il accéda au poste de ministre tous les magistrats qui avaient contribué à mettre la justice sous l’ordre d’un pouvoir exercé par des hommes qui ne pensaient qu’à s’enrichir ont compris que rien ne sera comme avant et qu’ils allaient passer à la moulinette.

Celle-ci vient de reprendre du service après une petite interruption circonstancielle.

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