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UN AÏD SI EPROUVANT ET COMBIEN MENAÇANT. DOIT-ON TOUT INTERDIRE OU TOLERER ? L’ETAT RESTE PERPLEXE.

  • Le troisième millénaire ou encore le vingt et unième siècle apportent de grands changements, comme le furent les siècles et millénaires précédents. La terre change et forcément, les gens aussi. D’aucun ne se doutait qu’il viendra un jour ou un moment que tout peut basculer pour remettre en cause bien des certitudes
  • Le monde musulman connaît une mue assez profonde, ce qui n’est pas sans conséquences sur le quotidien de ces derniers qui accompagnent ces changements avec plus ou moins d’inquiétudes.

La fête de l’Aïd El Kébir, que l’on avait l’habitude de célébrer sous plusieurs angles, entre spiritualité et rituels, bien établis, a complètement pris une autre tournure, engendrant doute et crainte.

Déjà que la mosquée, lieu par excellence de la pratique religieuse, est fermée, voilà bientôt six mois, les fidèles semblent avoir perdu des repères, si importants quant à leur foi qui se voit quelque peu égrenée. D’habitude, c’est l’imam, après avoir diriger la prière de l’Aïd, donne le coup d’envoi pour l’égorgement du mouton du sacrifice, comme le préconisent les préceptes de l’Islam, ce qui n’est pas le cas pour cette année, en raison de la pandémie qui sévit depuis des mois et partant, le confinement décidé par les pouvoirs publics qui obligent les citoyens à se terrer dans leur maison, évitant tout contact au risque de se faire contaminer par l’une des pathologies les plus virulentes, donc mortelles. Et comme il ne suffisait pas pour supporter toutes ces restrictions, voilà que la météo s’invite dans cet imbroglio pour rendre le quotidien de tout un chacun, encore plus difficile avec une canicule intenable et source de dangers potentiels, toujours pour les plus faibles d’entre-nous. Autre fait aggravant, le manque d’eau potable dans plusieurs régions du pays en cette période de forte chaleur et du sacrifice de mouton, exigeant une consommation en eau encore plus importante. Il est utile de revenir sur les jours précédents cette fête, hautement symbolique, ce parcours du combattant pour retirer son pécule auprès des banques et des postes à cause d’un manque de liquidités que personne ne peut expliquer objectivement.

Des appels ont été lancés de toutes parts, mais surtout de ce comité scientifiques qui ont préconiser, pour le bien de la société, le renoncement au rituel du sacrifice du mouton de l’Aïd. D’autres avis émanant de personnalités de la société civile ont emboité le pas pour étayer cette approche qui a vu l’adhésion de beaucoup d’entre-nous.

Si pour certains, une parade a été trouvée et qui consiste en l’achat d’un mouton, traditions obligent, ils ont eu quand même le mérite de l’envoyer directement aux abattoirs pour être livré au domicile de l’intéressé le jour de l’Aïd, bien vidé et prêt à la consommation. D’autres par contre, ont tenus à maintenir leurs habitudes   contre vents et marrées à égorger leur mouton en bas des immeubles comme si de rien n’était, cependant sans aucun respect des gestes barrières pouvant les prémunir d’une contamination à la Covid19. Mais le clou de l’absurdité est venu d’une autre catégorie d’adeptes de l’obscurantisme qui ont célébré la prière de l’Aïd sur des espaces au niveau de leurs habitations, en pleine rue, au vu et au su de tout le monde, l’espoir irrationnel de partir au  Paradis avant les autres. Leurs convictions profondes puisées sur une ignorance qui n’est plus à démontrer, mixées sur un esprit arrogant, défiant toutes les lois de la République et du bon sens, font que cette catégorie, met en danger toute un peuple au bord de l’explosion en raison d’un confinement qui s’éternise à cause d’une pandémie mortelle,   mais surtout, à cause d’un comportement irresponsable de quelques citoyens qui ont été toujours la cause profonde de cette léthargie intellectuelle qui nous caractérise.

L’Etat, confronté à d’énormes défis pour faire sortir le pays d’un écheveau à plusieurs facettes, tente d’élaborer une feuille de route à même d’apporter quelques résultats probants pour gérer au mieux une situation inédite, compte sur l’adhésion du citoyen, par des comportements responsables, mais devant tant de laxisme et d’égoïsme, la tâche semble ardue, voire dans certains cas impossible. Chacun y va de ses propres convictions, de ses propres vérités et pour beaucoup de leurs propres fantasmes si ce n’est de quelques immiscions venues de l’extérieur pour rendre caduque toute préconisation allant dans le sens   d’une sortie de crise, pas toujours évidente.

Si l’on ajoute, une autre interdiction synonyme de frustration relativement pesante, les vacances en l’occurrence qui ne sont plus d’actualité. Les enfants de tous âges, du plus petit au plus grands en passant par les ados, déjà lourdement impactés par un confinement difficilement supporté par ces jeunots en raison de leur vivacité, vigueur de jeunesse et surtout de curiosité à découvrir le monde et les sensations qui leur procure, doivent se résigner par la force des choses et c’est ce qui les amènent à braver tous les interdits, fussent-ils dangereux pour leur vie. Les adultes, aussi doivent se résigner, pourtant, pour beaucoup d’entre-eux, ils ont travaillé durement durant ces mois, notamment les responsables de secteurs stratégiques, le personnel soignant, le personnel de sécurité qui ont besoin de s’échapper, ne serait- ce qu’une journée au bord d’une plage dont le pays en regorge.

Point de tout cela et de ce fait toutes ces frustrations, ces interdits et ces choses simples de la vie, ne seront pas sans conséquences sur le psychisme d’une société qui peinent à se relever et se faire une idée précise de ce qu’elle endure depuis des lustres. Beaucoup de psychologue tirent la sonnette d’alarme sur l’état de nos concitoyens qui ne comprennent pas ce qui leur arrive, car les changements dans leur quotidien sont profonds et qu’à ce titre leur impact sur leur rationalité en prend un sacré coup.

L’après Covid est loin de voir le jour,  mais s’il adviendra, quel en sera le prix réel ?

 

 

 

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