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LE DISPOSITIF ANSEJ DANS LE VISEUR DU GOUVERNEMENT FINI L’IMPUNITE

Le dernier Conseil des ministres devait éplucher le dossier ANSEJ qui renferme lui aussi beaucoup de malversations plus ou moins graves. Avec plus de 380 000 dossiers depuis sa création dans les années 1990, ce dispositif était une réponse concrète aux jeunes désireux d’entrer de plains pieds dans le monde de l’entreprise.

En accordant des crédits, plus ou moins importants à cette jeunesse qui n’en demandait pas tant pour s’inscrire dans une dynamique d’entreprenariat, synonyme de création de richesse, mais surtout d’absorption d’un chômage qui enflait chaque jour. Or, la manière dont ce dispositif a été enclenchée, était plus une distribution d’argent sur la base d’un dossier bidon, mêlée à des compromis avec quelques fonctionnaires véreux de banques qui trouvaient en ce dispositif, une manne financière très importante. La corruption montait d’un cran.

Si pour les moins nantis en matière de relationnel, c’était le parcours du combattant pour décrocher le fameux sésame de la banque, d’autres, plus futés versaient carrément entre 20, 30¨% des crédits alloués, simplement parce que le prétendu bénéficiaire avait d’autres plans, autres que celui dont ces crédits ont été octroyés. Beaucoup on vendu le matériel prévu pour leur futur entreprise, d’autres, plus futés, ont convenu avec des fournisseurs tout aussi véreux pour n’empocher que l’argent moyennant, cela s’entend une ristourne toute aussi importante. D’autres bénéficiaires qui ont fait dans l’acquisition de véhicules de tourisme pour faire dans la location auto, ont joué avec ses voitures flambants neuves, tandis que d’autres se sont reconvertis en fraudeurs attitrés. Une autre partie a vu dans cette aubaine une source pour acheter des visas Schengen et pour beaucoup, ils sont toujours à l’étranger.

Ainsi ce sont des milliards jetés sans contrôle, ni suivi comme cela devrait être et une grande partie de notre jeunesse trouvait dans ce dispositif un moyen de faire fortune, car l’Etat était dans une démarche d’achat de la paix civile, ce que les jeunes ont compris et fait avec. Un deal criminel qui a émané de l’Etat même pour annihiler toute idée de travail, de mérite et de création de richesse  pour faire de ces jeunes, des trafiquants en puissance.

Sur les 380000 dossiers, ce ne sont que 30% qui ont réussi, selon les données des responsables de ce dispositif ; soit plus de 300 000 dossiers ont fait l’objet d’une arnaque, non encore valorisée.

Le Président de la République, lors de ce Conseil des ministre a insisté sur un point important concernant ce dispositif pour déclarer qu’il n’y a plus de place à l’impunité, comprendre que celui qui a pris quelque chose de l’Etat doit répondre de ses actes, fussent-il dans ce dispositif, qui, rappelons-le a été au centre de la campagne électorale où les candidats ont promis  que les dettes de ce dispositif seront effacées.

Pour Tebboune, bien qu’il avait promis qu’il n’enverrait pas ces bénéficiaires devant les cours de justice, a, néanmoins pris ce dossier en mains pour l’étudier au cas par cas afin de situer les responsabilités de chacun avec toutefois, le devoir et l’obligation de rendre ce qui appartient à l’Etat sous forme de calendrier pouvant aller jusqu’à quinze années. Une mesure sage mais qui entre dans le cadre d’une équité entre les citoyens au même titre que les assujettis à l’impôt.

En effet, si une partie de la population a bénéficié de ces crédits, au demeurant importants sans que leurs auteurs ne soient de l’obligation de les rendre comme convenu dans les contrats de base, que seront les autres citoyens qui n’ont rien reçu ? Ce serait une grave atteinte à la justice sociale, pire encore, les citoyens honnêtes, pour beaucoup penseront qu’il aurait mieux fallu profiter de cette aubaine sachant que personne ne rendra de compte ou à tout le moins, constituer un dossier de complaisance et ne rien payer. Pire encore, la population devant cette ignominie ne pensera jamais à travailler sinon, faire dans l’arnaque ce qui a été une réalité durant des années avec comme conséquences « Les bons paient pour les mauvais ». C’est cela aussi, la déliquescence de l’Etat et de ses institutions. Idem pour les impôts quand lorsque beaucoup de commerçants et autres industriels se sont acquittés de leurs redevances fiscales et parafiscales, d’autres ont profité de leurs accointances avec des fonctionnaires véreux pour ne payer aucun centime d’impôt. Une autre injustice qu’il va falloir réparer, car sans cela, le citoyen honnête algérien se verra comme une victime d’un système.

Avec la Nouvelle Algérie, cela doit commencer par enrayer cette injustice en demandant des comptes à tous ceux qui ont profité de mannes financières sans contrepartie pour remettre tout à niveau.

Beaucoup de bénéficiaires des crédits de l’ANSEJ concernés par cette réouverture de dossiers devront préparer leurs justificatifs, à défaut, ils devront se préparer à payer ce qu’ils auraient dût payer bien avant. Avec plus de trois cent mille concernés, ce sont des milliards que l’Etat compte faire rentrer dans ses caisses ce qui va certainement booster le fonds destiné aux start-up pour une véritable rationalisation de nos ressources financières.

N.BENOUAR

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