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GERMAN, CE POLE DE SOUS-TRAITANCE A L’AGONIE MAUVAISE GESTION, BANQUES ASPHYXIANTES, LES TRAVAILLEURS MONTENT AU CRENEAU

Avec un carnet de bon de commandes assez consistant, allant jusqu’en 2022 pour des livraisons de chariots élévateurs, cette entreprise publique trouve les peines du monde pour assumer, ne serait-ce que la paie de ses 460 travailleurs.

Un non-sens qui ne peut que s’expliquer que par une gestion chaotique, malgré le poids des banques, qui, selon ses responsables ne font que dans la rigidité. Lorsque le PDG, avance à un de nos confrères que la situation n’est pas alarmante, ses proches collaborateurs avancent le contraire pour dire le contraire et bien pire. Rencontrés sur le site même de l’entreprise, plusieurs travailleurs se réunissent dans les espaces verts tandis que d’autres, dans leur bureaux, ils somnolent, mais tous unanimes pour exiger le départ de leur patron qu’ils jugent incapable de remédier à cette situation.

Même le syndicat de l’entreprise appuie cette grève, malgré son illégalité, car, il est question de salaire. L’un d’eux nous dira :  « Après avoir soldé tous les arriérés des travailleurs au mois de juillet, et la reprise de nos congés, nous nous retrouvons confronter au même problèmes, à savoir nos salaires que nous n’avons pas perçu au mois d’août et pour septembre, selon leurs collègues des finances, la situation financière de l’entreprise ne permet pas de les payer pour ces deux mois ». C’est ce ras-le-bol qui a fait éclater la situation pour voir et pour la énième fois décider d’une grève avec la condition de faire dégager le premier responsable de l’entreprise, absent hier de son poste de travail.

Cependant et pour mieux comprendre cette situation, nous avons approché deux collaborateurs, bien au fait de tout ce qui concerne la gestion de leur entreprise pour nous apporter des explications, pour le moins insensées. D’abord, nous avons insisté sur l’état de l’entreprise, sa vocation, ses potentialités et sa place dans le domaine de l’industrie. C’est ainsi que nous apprenons que l’entreprise est spécialisée dans la production de chariots élévateurs qui fournit, pratiquement tout le pays et surtout satisfaire les besoins du ministère de la défense nationale, à hauteur de 30%. Une aubaine pour cette entreprise qui accuse une forte demande, surtout que son produit, homologué, répondent à toutes les exigences des clients qui le préfèrent aux produits chinois, importé. Cependant, l’entreprise conforté dans cette posture, a eu aussi le privilège de la part d’AGM, holding qui gère plusieurs entreprises publiques dépendant du ministère de l’industrie, de décider que GERMAN, sera le pôle par excellence de la sous-traitance et ainsi, devant satisfaire les besoins de toutes ces entreprises dans certains domaine liés à leurs activités. L’exemple qui nous a été donné, concerne la découpe par laser et l’usinage que toutes les industries en sont des demandeurs potentiels synonymes de clients certains. Toutefois, le holding en question, au lieu de maintenir cette démarche qui permet à cette entreprise de garder cette posture de pôle d’excellence de la sous-traitance a permis aux autres entreprises de se munir de toutes les machines qui font le même travail que leurs homologues, situation qui a bloqué l’ensemble du groupe puisqu’elles font le même travail et avec les mêmes machines. Du coup, toutes ces entreprises, au lieu de s’inscrire dans une complémentarité comme le font tous les groupes,  et que chacune d’elles se spécialise dans son domaine de compétences, elles se retrouvent toutes pratiquement à l’arrêt sans aucune perspective de générer des bénéfices. GERMAN a vu son chiffre d’affaires diminué de plus de la moitié, voire plus et c’est le début d’un manque à gagner très important et ce depuis des années sans que le holding ne rectifie le tir, préférant laissant cette situation s’envenimer davantage.

Concernant la production de chariots élévateurs, bien que les commandes ne cessent d’affluer, la situation financière de l’entreprise est au plus mal et tout cela à des raisons, des causes et des conséquences, cela s’entend. Tout d’abord, le chariot élévateur continue de dépendre de l’importation d’input entrant dans la production, puisque le taux d’intégration de ce produit n’a pas connu une avancée notable depuis son lancement en 1990. Ensuite, ce sont les surcoûts inexpliqués à l’occasion de l’importation de ces intrants qui posent un sérieux problème, puisque la pièce qui est sensé ne coûter que 1 euro, se retrouve à un coût cinq, voire huit fois son coût réel en raison des retards inconsidérés quant au dédouanement qui dure des mois. Il faut savoir que l’entreprise pour procéder à sa production doit faire des emprunts au niveau des banques, ceci en l’absence pratiquement fond de roulement, qui lui permet d’activer. Ses emprunts supposés répondre à ces attentes, n’atteignent jamais le but escomptés, puisque, aussi bien les fournisseurs que le banque, leurs redevances ne seront pas honorées engendrant par la même des pénalités de retard qui impactent lourdement sur la trésorerie de l’entreprise qui se retrouve à travailler à perte et cela depuis des années.

C’est dans toute cette cacophonie que les travailleurs et surtout les cadres de l’entreprise qui voient dans cette situation un avenir sombre de leur entreprise, alors que les potentialités existent et c’est pour cela qu’ils pointent du doigt leur premier gestionnaire qu’ils l’accusent d’incapable et se demandent même pourquoi a-t-il accepté ce poste alors qu’il n’a pas les qualités requises.

Le ministère de tutelle est ainsi interpellé par ces travailleurs pour qu’il prenne les mesures urgentes à l’effet de remédier à cette situation. Son implication est fortement souhaitée du fait qu’il a la latitude de négocier avec son collègue du ministère des finances pour obliger les banques à plus de compréhension et surtout de souplesse pour venir en aide à l’un des fleurons de notre industrie, un comme cela a été le cas pour le complexe d’El Hadjar qui croupit sous d’énormes dettes, impossible à honorer. Quand au holding, déjà que sa composante date des années 1990, elle continue de végéter dans des bureaux à ne rien faire, si ce n’est persister dans l’erreur que le pays en paie le prix cher.

Si une telle entreprise aux carnets de commandes consistant se retrouve dans cette situation, que dire des autres entreprises, moins nanties, surtout que ces dernières n’ont pas eu le soutien financier que Germain a eu à en   bénéficier. L’urgence est de mise pour que les pouvoirs publics, surtout les autorités locales de la ville de Constantine qui doivent s’inquiéter du sort de cette entreprise et de ses travailleurs pour éviter des drames que la wilaya ne peut se permettre.

Une grève illégale qui dure depuis, déjà huit jours sans qu’un   quelconque responsable ne se soit déplacé est déjà en soi un non sens qu’en sera-t-il des solutions envisagées.

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