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L’ECOLE PRIVEE AU SECOURS DE L’ECOLE PUBLIQUE L’ASSOCIATION DES ECOLES PRIVEES EN CONCLAVE A CONSTANTINE

A la veille de la rentrée scolaire qui s’annonce difficile au regard de ce regain de contaminations, légèrement en hausse, mais aussi de la situation quelque peu précaire de certains établissements scolaires, l’association des écoles privées de l’Est algérien a tenu une réunion au siège de l’Ecole Ramsys Scool, sous la direction du président de cette association, avec comme ordre du jour deux point essentiels, à savoir les conditions pour la réussite de cette rentrée scolaire, mais surtout, l’inquiétude que les patrons de ces écoles concernant la mise en place du contrat-type, décidé conjointement entre le ministère de tutelle et celui du commerce.

D’emblée, les discussions ont pris une tournure assez frileuse mêlée à des inquiétudes que chaque opérateur a tenu à signifier. Il s’agit de l’avenir de l’Ecole privée en Algérie  à qui, on collé une étiquette qui ne reflète nullement l’existence même de ces établissements, dira le président NourEddine Ramoul pour enchaîner : «  Nous ne sommes pas des commerçants, nous sommes des producteurs de savoir et partant de là, la rentabilité, même si elle est automatique, ne figure pas dans nos priorités premières ». Le ton était donné à toute l’assistance qui reprend, presque les mêmes arguments pour dire que le choix qui a présidé à la création d’école privée, n’est pas fortuit et qu’à ce titre, la plupart de ces chefs d’entreprise croient en la noblesse de cette mission, qu’est le savoir.

Cependant, force est de constater qu’au même titre que d’autres activités, il y a l’informel qui brise toutes ces bonnes volontés et ceux qui louent des garages pour prodiguer de cours de soutien, sont le point noir de ce noble métier, dira l’un des participants venus de Sétif. Il dira en outre : « A Sétif, nous comptons une dizaine d’écoles et Dieu merci, aussi bien les parents d’élèves que les élèves eux-mêmes, sont satisfaits du travail accompli et qu’à ce titre, nous avons fidélisé une bonne partie de nos élèves ainsi que de nos enseignants, ce constat nous permet d’entrevoir l’avenir avec plus de sérénité, surtout que l’Algérie nouvelle permet aux compétents et aux honnêtes d’émerger ».

Toutefois, rétorque le Président pour remettre les choses en place à l’adresse de ceux qui font dans l’autosatisfaction : « C’est facile de ramener de bons élèves et de clamer haut et fort que le pourcentage de réussite est très fort, mais c’est plus difficile de ramener ceux qui ont été exclus de l’école publique pour diverses raisons  et leur permettre de retrouver le goût des études et participer à leur réussite, c’est cela le vrai challenge et c’est cela aussi notre contribution dans le système éducatif ».

En effet, tous les opérateurs économiques présents s’accordent à dire que l’école privée est venue au secours de l’école publique du fait que cette dernière se trouve complètement débordée, notamment dans les zones d’ombres, voire dans le centre des grandes villes, où ces établissements scolaires, vétustes, n’arrivent pas à offrir les meilleurs condition pour une scolarité décente.

« C’est à s’y méprendre », dira l’un des participants qui ajoute : « que de comparer le cas de l’école à celui de la santé, ces deux secteurs d’activités ont connu une privatisation doivent répondre aux attentes d’une certaine catégorie sociale qui peut se permettre de payer les études de leurs enfants et laisser la place aux autres catégories, un peu comme les cliniques privées qui répondent aux besoins de certains nantis, c’est cela aussi la solidarité nationale que le Président de la République ne cesse de clamer ».

Pour mieux expliquer les choses, il est utile de rappeler que l’élève du primaire coûte à l’Etat 190.000da chaque année et celui du CEM, 210.000 da, donc ce n’est pas gratuit et c’est ce que réclament ces écoles privées comme prestations pour dire que la scolarité a un prix, qu’il soit privé ou public. Finalement ce débat reste stérile, infructueux et ne répondant nullement aux vraies exigences que sont les programmes scolaires, longtemps dénoncés par les pédagogues.

Concernant la rentrée qui suppose le strict respect des mesures barrières, les participants, unanimes diront : «  Sur ce plan, nous n’avons aucun souci à se faire, déjà que le peu d’élèves dans nos classes garantit la distanciation sociale, les masques, nous les livrons pour chaque élève. Nos structures répondent déjà à toutes les normes d’hygiènes, il reste cependant, la participation des parents d’élèves qui doit continuer après leur sortie de nos établissement ».

Toutefois, le point qui a fait débat, c’est le contrat-type qui a été imposé et que les directeurs de ces établissements le refusent catégoriquement pour la simple raison qu’ils n’ont pas été consultés à cet effet. L’un d’eux dira : «  les clauses contenus dans ce contrat nous obligent à raisonner comme des commerçants ce que nous ne sommes pas » et de poursuivre : «  Quand on oblige l’école à ne pas être payée pour toute l’année scolaire en prévoyant une sorte d’échéancier, c’est l’essence même de l’école qui est touchée de plein fouet ». En effet, ce sont les récentes déclarations de certaines écoles dans l’algérois qui ont demandé le paiement en intégralité de l’année scolaire qui a suscité quelques remous qui ont été à l’origine de ce contrat-type. Pourtant dira, l’un des directeurs : «  Pourquoi dans ce cas les enseignants du public ont continué à percevoir leurs salaires durant toute la trêve scolaire ? Nous aussi, nous avons des enseignants et un personnel administratif qu’il fallait qu’on continue de payer, ne serait-ce que pour maintenir le même staff éducatif et ce qui n’a pas été le cas ».

Deux poids deux mesures, en tous cas, la réalité est là pour comprendre que la décision d’instaurer ce contrat était quelque peu précipitée et n’a pas tenu compte de beaucoup de paramètres.

Malgré toutes ces entraves, le président, Ramoul dira à ces confrères : «  Certes, ce que vous avez déclaré est juste, mais la conjoncture que traverse le pays exige de nous  d’autres efforts, qu’ils soient d’ordre moraux ou financiers et les enjeux qui attendent le pays nous dictent d’autres sacrifices pour réussir cette rentrée scolaire d’abord, mais aussi d’instaurer un climat de confiance avec les parents des élèves pour faire de l’école privée un vrai partenaire où l’Etat peut compter sur ces hommes qui ont l’esprit du sacrifice et de la solidarité » et d’ajouter «  Le moment est difficile et c’est dans ces moments que les vrais patriotes se reconnaîtront pour bâtir une Algérie nouvelle ».

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