Chroniques bonoise 

LA FONTAINE DE LA VIEILLE-VILLE

Au milieu du IXX ème siècle, la placette de Batehet Cherait ou Place d’Armes, était la plus attractive du Centre ville, avant même la réalisation du Cours de la Révolution.Indigènes et pieds noirs, dans les cafés-maures ou brasseries huppées, se ressemblaient en nombre pour admirer la Fontaine et son gigantesque jet d’eau.D’autres faisaient les cent pas tout autour, en s’arrêtant de temps à autre pour admirer ce spectacle féerique.La fontaine de la Place d’Armes que les européens appelaient Fontaine du Duc d’Aumale, a été construite en 1843.Elle se dressait en plein centre de la placette en face de la mosquée.Elle fut par la suite transférée sur la morne et triste place Alexis Lambert, actuellement Georges Ishak, après avoir pendant plus de soixante années trône dans ce vieux quartier, où les bônois étaient fiers et heureux de venir l’admirer.La population qui tournait en rond autour d’elle, ou qui venait en fin de journée, s’asseoir sur les terrasses des grands cafés Ours et Wicowski pour se délasser des fatigues de la chaleur ou du travail, l’avait bien estimée.La Place est de tout temps demeurée, le point central de toutes les activités et la fontaine, admirée de tous, était à cette époque le plus beau monument et la seule œuvre d’art, si on peut dire, de la ville moderne qui se construisait.C’est qu’elle était vraiment Jolie au milieu de Cette place carrée, entourée d’arcades toutes pareilles, dans son petit jardin, d’où deux palmiers s’élançaient dans le ciel, comme pour l’abriter sous leurs branches ondoyantes et flexibles, des ardeurs du soleil.Du lierre montait jussu’en haut des troncs complètement cachés sous les épaisses feuilles vertes, de grosses touffes de Mirabilis aux fleurs jaunes et rouges, communément appelées ” Belles de nuit ”, noms particulièrement évocateurs de l’enchantement des nuits bleues de Bône.Ça et là,quelques hibiscus aux fleurs violemment rouges, en cornets triomphants s’opposaient aux daturas blancs dont les corolles pendaient mollement vers le sol.Tout était entouré par une grille de fer circulaire, aux barreaux droits et plus hauts qu’une hauteur d’hommeLa fontaine s’élevait dans cette verdure et parmi ces fleurs, offrant une large coupe sculptée par une colonne élégante, pour reçevoir les jets d’eau retombant.

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