DBV Technologies: une déconvenue à 900 millions d’euros.

(CercleFinance.com) – La plus fortement capitalisée des sociétés biotechnologiques de la Bourse de Paris vient de rappeler combien ce secteur est risqué pour les investisseurs, même pour les ‘gros’ acteurs. Depuis vendredi, la valeur de marché de DBV Technologies est revenue d’environ deux milliards d’euros à 1,1 milliard, au cours de 45 euros. En cause : les résultats décevants d’essais cliniques sur le Viaskin Peanut, son candidat-médicament le plus prometteur.

Il faut dire que les résultats cliniques de phase III (soit juste avant la demande de mise sur le marché) du patch sur le Viaskin Peanut étaient très attendus par les investisseurs. Or ils se sont révélés bien moins favorables que l’étude de phase II ne le laissait supposer, sans être totalement négatifs pour autant. Or ce candidat-médicament contre les allergies aux arachides est déterminant pour DBV, et pour le vaste marché américain où aucun traitement satisfaisant n’est pour l’instant disponible.

Quid des réactions d’analystes ? Celle d’Oddo BHF est peut-être la plus positive : les analystes restent à l’achat en visant une cible de 95 euros sur l’action. Ils relèvent que la moindre efficacité du traitement ne remet pas en cause la future homologation du Viaskin Peanut.

Bryan Garnier ne se départit pas de son optimisme et confirme son conseil d’achat sur une valeur qui compte parmi ses préférées, tout en réduisant sa cible de 105 à 86 euros. Les analystes ne doutent pas eux non plus que DBV finisse par faire approuver son produit par les autorités sanitaires. Même si les conditions en seront sans doute un peu moins favorables, et que la commercialisation devrait être reportée de mi 2019 à fin 2019.

D’autres bureaux d’études sont autrement plus sévères. Devenu franchement négatif, Portzamparc réduit son conseil d’acheter à ‘conserver’ le titre DBV et coupe sa cible en deux, de 82,1 à 40,3 euros. ‘L’étude confirme le bon profil de tolérance du patch, mais s’est révélée non concluante sur le critère primaire d’évaluation qui était le taux de réponse au traitement’, souligne la note.

Il ne s’agit donc que d’un ‘échec partiel’, mais il remet en cause les scénarios financiers des analystes : la probabilité de mise sur le marché du Viaskin Peanut reste majoritaire, mais revient de 94% à 70%. Elle n’interviendrait pas avant fin 2018, pronostique Portzamparc, et la part de marché du Viaskin Peanut ne serait plus de 35%, mais de 20%.

Portzamparc souligne enfin qu’Aimmune Therapeutics, le concurrent le plus sérieux de DBV, devrait publier des résultats de phase III en début d’année prochaine. ‘Il est à prévoir qu’un succès pourrait compliquer la démarche réglementaire de Viaskin Peanut aux Etats-Unis, de même que son potentiel commercial’.

Chez Société générale (SG), le ton est plus sombre encore : d’achat, les spécialistes sont directement passés à la vente sur le titre DBV, en sabrant leur objectif de cours à 12 mois de 103 à 33 euros (- 68% !).

‘La question est : le Viaskin Peanut a-t-il une chance d’être approuvé ? Notre réponse est ‘oui”, indiquent les analystes. Mais avec de tels résultats, ‘l’accès du produit au marché sera rendu plus compliqué et la Food & Drug Administration (FDA) américaine regardera attentivement les résultats de l’étude REALISE en novembre’, ajoute la note.

Enfin et surtout, Société générale estime que DBV ‘n’est pas en condition de conclure un partenariat de commercialisation’, et devra donc trouver au moins 150 millions d’euros pour aller jusqu’au bout du processus. ‘Ce qui suggère une dilution allant jusqu’à 30%’ pour les actionnaires existants, sanctionne SG.

En vue sur l’agenda de DBV Technologies : le point sur la trésorerie, le 31 octobre prochain. En date du 30 juin dernier, la situation nette de trésorerie se montait à 198,7 millions d’euros, en baisse de près de 58 millions depuis fin 2016.

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