Science Tech & Net 

Pourquoi Paypal mise sur la plateforme d’épargne Raisin

Le pionnier américain du paiement en ligne réalise un investissement stratégique de plusieurs dizaines de millions dans la Fintech allemande, qui affirme offrir « les meilleurs taux en Europe ». En France, elle s’est associée à Younited Credit.

Après les fonds de capital-risque américains, de grands industriels du secteur traversent l’Atlantique pour miser sur les pépites européennes de la Fintech. La startup berlinoise Raisin a annoncé ce mercredi une nouvelle levée de fonds, « un investissement stratégique » du géant américain du paiement en ligne PayPal, qui pèse quelque 89 milliards de dollars au Nasdaq. Le montant n’est pas précisé, mais il serait de « plusieurs dizaines de millions » selon la presse allemande : Raisin avait déjà levé près de 60 millions d’euros auprès de fonds de capital-risque prestigieux (Index Ventures, Thrive Capital, Ribiit Capital), et de l’entrepreneur et business angel français Fabrice Grinda (ex-Aucland).

 « Raisin et PayPal partagent une vision identique de la démocratisation de l’accès aux services financiers », a commenté Stephen Taylor, vice-président produits clients de Paypal pour la zone Europe Moyen-Orient Afrique, dans le communiqué, ajoutant : « Raisin est un pionnier dans le domaine du dépôt bancaire transfrontalier ouvert. Ils apportent clairement une proposition de valeur unique sur le marché européen. »

PayPal a réalisé plusieurs investissements dans des Fintech ces derniers mois, aux États-Unis, chez Raise Marketplace, Acorns et LendUp. La firme américaine multiplie les initiatives pour se réinventer au-delà du paiement en ligne et en rajeunissant sa base d’utilisateurs, avec le transfert d’argent entre amis depuis son mobile, sans RIB, ou sa cagnotte en ligne gratuite.

Partenaire de Crédit Mutuel Arkéa

Fondée en 2013, Raisin opère en Allemagne, son principal marché, sous le nom de WeltSparen, « épargner dans le monde » : son concept est original, il consiste à proposer aux épargnants de placer leur argent dans les banques européennes offrant les meilleurs taux d’intérêt sur des comptes à vue flexibles ou des comptes à terme. La startup n’a pas de licence bancaire, mais le statut d’intermédiaire en opération de banque : elle est partenaire de plus de 40 banques, courtiers ou Fintech dans 18 pays, qui accèdent ainsi à des liquidités, tandis qu’elle perçoit une commission sur les dépôts.

Actuellement, les meilleurs taux sont proposés par la banque Atlantico au Portugal (1,64% par an brut) et J&T Banka en République tchèque (1,60%). Le client doit au préalable ouvrir un compte auprès du partenaire de Raisin, le courtier belge Keytrade Bank, filiale de Crédit Mutuel Arkéa, afin de souscrire ensuite un produit financier. En France, Raisin s’est associée avec la Fintech spécialiste du prêt à la consommation participatif Younited Credit (qui a levé 40 millions d’euros en septembre, entre autres auprès d’Arkéa, de la BPI et Eurazeo), en Allemagne, avec la néobanque mobile N26. En Irlande, c’est avec la plus grande de détail du pays, AIB.

Des clients de plus de 45 ans

Raisin n’est pas une Fintech pour Millenials : la majorité de sa clientèle a plus de 45 ans et même plutôt âgée de 56 à 65 ans, elle cherche à optimiser ses placements en vue de la retraite, dans un contexte de taux très bas. L’entreprise, qui emploie une cinquantaine de personnes, revendique plus de 100.000 clients qui ont placé pour 4,8 milliards d’euros via sa plateforme, connectée à ses partenaires par le biais d’interfaces de programmation sécurisées (API). Ses clients auraient perçu en cumulé 35 millions d’euros d’intérêts “supplémentaires”, par rapport au taux moyen en Europe.

« Nous voulons développer davantage nos services et les mettre facilement à la portée de tous les Européens. Nous nous réjouissons de travailler avec PayPal pour rendre les produits à la fois plus pertinents et plus accessibles à des centaines de millions d’Européens qui peuvent tirer davantage de leurs économies et de leurs investissements », fait valoir dans le communiqué Tamaz Georgadze, le co-fondateur et directeur général de Raisin, un ancien de McKinsey.

PayPal devrait aider Raisin à accélérer son internationalisation pour devenir réellement paneuropéenne, au moment où la course s’intensifie avec son concurrent allemand Deposit Solutions : cette Fintech, qui a son propre portail Zinspilot et vend sa solution plateforme d’open banking aux banques, vient de lever 20 millions de dollars (auprès d’eVentures et de Greycroft) et de se lancer en France.

Raisin figure dans l’édition 2017 du classement Fintech 100 du cabinet KPMG dans la catégorie des 50 jeunes entreprises prometteuses, les « émergentes », aux côtés des françaises Alan, Lydia, Payfit et Qonto. Elle a lancé en septembre une offre pour les entreprises et prépare le lancement en début d’année prochaine de son propre produit d’investissement destiné à la clientèle de détail.

latribune

Articles relatifs

Leave a Comment

RSS
Facebook
Google+
Twitter
LinkedIn