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Affaire russe : Trump révèle une note confidentielle discréditant le FBI

Le président américain a publié vendredi une note confidentielle rédigée par la majorité républicaine qui, selon lui, prouverait un parti pris à son encontre dans le cadre de l’enquête sur d’éventuelles ingérences russes dans la présidentielle américaine. Le parti démocrate déplore un usage sélectif d’informations classifiées.

Donald Trump défie le FBI. Vendredi 2 février, le président américain a autorisé la publication d’une note confidentielle rédigée par la majorité républicaine accusant le FBI et le ministère de la Justice de parti pris à son encontre dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016. Cette décision a été prise malgré les mises en garde du FBI et des démocrates, qui considèrent cette note de quatre pages incomplète voire biaisée.

Donald Trump entend s’appuyer sur ce document dans le cadre de “l’affaire russe”, relative à d’éventuelles ingérences de la Russie dans les dernières élections présidentielles américaines. Il souhaite notamment démontrer faire l’objet d’un acharnement de la part de la commission d’enquête présidée par Robert Mueller -qu’il a pourtant nommé lui-même à ce poste. Les informations contenues dans la note prouvent selon lui un parti pris à son encontre.

“Beaucoup de gens devraient avoir honte”, a déclaré le président après avoir autorisé sa déclassification.

Une enquête “politisée”

La note, rédigée à la demande du républicain Devin Nunes, aborde l’enquête sur les ingérences russes à travers l’unique prisme des poursuites intentées contre Carter Page, un conseiller de campagne de Donald Trump. Elle accuse le FBI et le ministère de la Justice d’avoir induit en erreur un tribunal en demandant l’extension de la surveillance électronique de ce conseiller sur la seule foi d’informations émanant “en majeure partie” d’un rapport rédigé par un ancien espion britannique, Christopher Steele, dont l’enquête a été en partie financée par le parti démocrate. Elle présente en outre Christopher Steele comme un homme “prêt à tout pour empêcher (DonaldTrump) d’être président”.

Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait directement accusé les responsables du FBI et du ministère de la Justice -qu’il a, pour certains d’entre eux, nommés à leur poste- de “politiser” l’enquête russe dans un sens favorable à l’opposition démocrate.

“Au sommet, direction et enquêteurs du FBI et du département de la Justice politisent le processus d’enquête en faveur des démocrates au détriment des républicains – c’est quelque chose qui aurait été impensable il y a peu de temps encore”, avait écrit sur Twitter le président américain.

 The top Leadership and Investigators of the FBI and the Justice Department have politicized the sacred investigative process in favor of Democrats and against Republicans – something which would have been unthinkable just a short time ago. Rank & File are great people
  Une “note trompeuse”

La publication de la note a été aussitôt condamnée par l’ancien patron du FBI James Comey, limogé par Donald Trump l’année dernière, qui a dénoncé sur Twitter une “note trompeuse” qui “détruit la confiance envers la communauté du renseignement”.

“Nous n’avons pas et nous ne laisserons jamais des considérations partisanes nous détourner de notre mission”, a pour sa part réagi vendredi le président de l’association des agents du FBI, Thomas O’Connor, dans un communiqué. Rappelant que la note passe sous silence de nombreux autres aspects de l’enquête, le FBI avait exprimé cette semaine ses “sérieuses préoccupations” concernant son exactitude et dit son opposition à la publication d’un document qui remet en question son honnêteté.

“Un terrible précédent”

Le parti démocrate a dénoncé de son côté un usage sélectif d’informations classifiées visant uniquement, selon lui, à discréditer Robert Mueller et son supérieur hiérarchique, Rod Rosenstein. “La publication et l’utilisation politique d’informations classifiées crée un terrible précédent et va affecter pendant longtemps la communauté du renseignement et nos agences de sécurité”, écrivent les élus démocrates de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, en promettant de rendre publique leur propre document de travail. Devin Nune,  qui préside justement cette commission, est d’ailleurs aussi accusé d’avoir modifiée après le vote des parlementaires censé lui donner sa forme définitive.

Le sénateur républicain John McCain a toutefois lui aussi déploré dans un communiqué cette publication, accusant Donald Trump de faire le jeu de la Russie:

“Si nous continuons de saper notre état de droit, nous faisons le travail de Poutine à sa place”, a-t-il déclaré .

latribune

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