Recrutement : les réseaux sociaux, un risque pour les candidats ? (2/2)

De l’autre côté du bureau, face aux recruteurs, les salariés ou candidats à un poste doivent redoubler de vigilance quant à leur utilisation des réseaux sociaux. Leurs potentiels employeurs ont pris le réflexe de vérifier l’activité des postulants sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui en France, on estime aux alentours de 84% le pourcentage d’internautes présents sur les réseaux sociaux. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter d’année en année et qui illustre une pluralité des usages. Maintien du lien avec de la famille et communication avec des amis expatriés pour un usage personnel d’une part. Publications en lien avec son activité professionnelle de l’autre… Les usages que font les internautes français sont divers et variés et se mêlent si bien que les frontières se retrouvent de plus en plus effacées. Le décloisonnement de ce qui relève de la vie perso et de ce qui appartient à la vie professionnelle semble s’entrecroiser.

Davantage encore avec la nouvelle génération, ces fameux “millennials” nés entre 1980 et 2000, un portable à la main, une tablette dans l’autre. S’il est si facile de commander des sushis via une application sur smartphone que d’envoyer une vidéo à son cousin de l’autre côté de la planète, pourquoi ne pas s’approprier les outils numériques pour trouver un travail ?

Le paradoxe entre s’informer et passer à l’acte

La population française est certes hyperconnectée, mais paradoxalement, les réseaux sociaux ne sont pas encore le premier réflexe des potentiels chercheurs d’emplois. Seuls 41% (*) d’entre eux utilisent LinkedIn, Twitter ou encore Facebook dans leur recherche tandis que c’est le cas pour 33% des salariés en poste. Les réseaux sociaux sont jugés efficaces par 45% des candidats seulement. Une nuance est cependant à faire entre « vivier d’informations » pour les candidats et outil pour postuler car, si les internautes reconnaissent volontiers que les réseaux sociaux sont une mine de données, très peu de potentielles recrues les utilisent pour envoyer leur candidature.

Le danger d’une mauvaise publication

Les internautes français auraient donc encore tendance à utiliser les réseaux sociaux davantage dans le cadre de leur vie personnelle. Mais là encore, cela peut avoir un impact sur leur carrière. En effet, la fameuse “e-reputation”, dont on nous informe dès les premiers cours d’informatique à l’école, est devenue, tout naturellement, décisive dans un processus de recrutement.

En témoigne une enquête menée par YouGov : 19% des employeurs ont refusé d’engager un candidat à cause de son activité sur Internet. Un intérêt pour “l’e-reputation” des potentielles recrues qui augmente avec la taille de l’entreprise. Cela s’explique par le fait que les grandes entreprises ont davantage tendance à vérifier les profils des candidats sur les réseaux sociaux : seuls 20% des employeurs des grandes entreprises disent qu’ils ne vérifieraient pas les profils des postulants. LinkedIn et Facebook arrivent en tête des réseaux sociaux les plus vérifiés : un réflexe qu’a, près d’un employeur sur deux.

Et même, « plus qu’un réflexe, c’est devenu une consigne pour les entreprises », assure François Bouchery, directeur du pôle projet chez Umanis, entreprise de service numérique spécialisée en données et auteur de l’ebook “Mutation digitale des RH / Et le monde du travail ne sera plus jamais comme avant”.

Plus concrètement, les recruteurs sont capables de refuser un candidat s’ils repèrent sur les réseaux sociaux des propos agressifs (75%), une photo ou des propos les montrant consommer de la drogue (71%), des fautes d’orthographe (56%) ou encore des photos du postulant ivre (47%).

Blancs dans le parcours professionnel et poignée de main,
plus décisifs dans un recrutement

Que les candidats accros aux réseaux sociaux se rassurent tout de même, si l’activité en ligne des candidats est importante, elle ne représente pas non plus l’argument principal pour un recruteur qui souhaite programmer un entretien. Les compétences et les connaissances restent la principale raison à 75%. Et pour le recrutement, le comportement du candidat lors de l’entretien d’embauche est déterminant à 71%. Inquiétudes secondaires pour les employeurs : les blancs d’un candidat dans son parcours professionnel (21%) ou encore, argument qui pourrait paraître dépassé et pourtant toujours présent, la poignée de main. (15%) Postulant.e.s vous voilà prévenu.e.s !

 

latribune

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