Economie International 

Le pétrole monte mais n’évite pas une lourde chute hebdomadaire

Les cours du pétrole ont un peu avancé vendredi, tentant, en vain, de limiter le net recul hebdomadaire observé après un plongeon mercredi sur fond de tensions commerciales et de production en Libye.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a clôturé à 75,33 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 88 cents par rapport à la clôture de jeudi.

Sur la semaine, le cours du Brent a toutefois chuté de 2,62% et le WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l’énergie. de 4,05%, accusant leur deuxième semaine de recul de suite.

En l’absence de nouvelle majeure, le marché a tenté vendredi de reprendre une partie de ses lourdes pertes accumulées cette semaine“, a commenté James Williams de WTRG.

Les courtiers ont semblé reconsidérer en fin de semaine l’impact réel de la réouverture des champs pétroliers libyens après leur réaction véhémente mercredi“, a noté M. Williams.

De nombreux analystes restent persuadés que les prix vont grimper à moyen terme, alors que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a prévenu cette semaine dans un rapport que les risques de perturbations de la production se multipliaient.

L’AIE prévoit un marché plus ou moins à l’équilibre au deuxième semestre, mais cela ne prend pas en compte les pertes en Iran“, ont prévenu les analystes de Commerzbank.
A partir de novembre, les importateurs de pétrole iranien pourraient être sanctionnés par les États-Unis, et Washington n’a pour l’instant pas accordé d’exemption.
Nous estimons que l’administration de Donald Trump ne pourra pas adopter une ligne dure sur le sujet” de crainte de faire grimper le prix du brut, ont relativisé les analystes de Bank of America Merrill Lynch.

L’offre mondiale de pétrole est actuellement resserrée. L’Arabie saoudite et la Russie, deux des trois plus grands producteurs mondiaux avec les États-Unis, ont annoncé fin juin lors d’une réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole qu’elles augmenteraient leur production pour compenser ces baisses.

Mais le marché doute que les deux géants pourront augmenter leurs extractions dans un volume suffisant. Le ministre russe de l’Energie Alexandre Novak s’est efforcé de rassurer vendredi.

Il a ainsi affirmé que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses dix partenaires pourraient augmenter leur production de plus d’un million de barils, jugeant toutefois que “les prix du pétrole sont volatils (…) ils reflètent également les déclarations sur les guerres commerciales“, ont rapporté des agences russes.

Les capacités de réserves mondiales sont actuellement extrêmement serrées. Le marché a de quoi être nerveux d’ici à ce que les augmentations de production se matérialisent réellement“, a estimé M. Williams.

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