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Situation économique : Les vérités de Djerrad

Dans son discours aux députés de l’APN, le Premier ministre, Abdelaziz Djerrad a usé du parler vrai, sans fioritures ni faux fuyants. Il a brossé aux représentants du peuple dont  beaucoup d’entre eux n’étaient pas présents dans cette séance plénière un tableau peu reluisant de la situation économique du pays qui s’est aggravée en 2019 et dont le gouvernement dirigé par lui hérite les conséquences néfastes.

Le premier ministre s’est longuement attardé sur la situation financière du pays et ce qu’il a dit n’incite guère à l’optimisme. Des réserves de change en constante diminution, des exportations de gaz et de pétrole en baisse, des importations encore élevées, des dépenses publiques non maitrisées et des exportations hors hydrocarbures pratiquement inexistantes. Le chef du gouvernement tire donc la sonnette d’alarme. Il a souligné le déficit exorbitant de la balance commerciale du pays qui s’élève à 45%. Il a également attiré l’attention de la dette publique qui a atteint la moitié du produit intérieur brut (PIB). Toute cette panoplie de constats fragilise l’économie du pays. D’où l’urgence a insisté le premier ministre de mettre en place des réformes profondes et significatives dans les plus brefs délais. Tout attentisme ne ferait qu’aggraver l’état des lieux  a-t-il souligné. Ce genre de discours nos députés ne l’ont jamais entendu ayant pris l’habitude de discours lénifiants où on leur mentait constamment et où on leur signifiait faussement que l’Algérie s’en sort plutôt bien. Ce qui est totalement faux ! En réalité et selon les chiffres communiqués par le premier ministre aux parlementaires le pays n’est pas à l’abri d’une récession. Le plan  d’action du gouvernement que vient de présenter ce dernier à des députés complètement déboussolés est ambitieux mais il exige une célérité et une évaluation permanente des actions que compte mettre en place le gouvernement sitôt adopté ce plan. Les députés qui ont pris l’habitude de palabrer pour des futilités sont mis en face de leur responsabilité. Il s’agit de sauver le pays du marasme. L’ex gouvernement dirigé par Bedoui  n’a fait qu’aggraver une situation déjà alarmante. Au lieu de gérer l’acquis comme le suggère sont mandat marqué par une transition il s’est lancé dans des actions dont normalement il n’avait pas le droit d’initier. Il ne devait pas élaborer  la loi sur les hydrocarbures, celle abrogeant la règle 51/49% mais aussi la loi de finances 2020. Ce n’était pas de son ressort car ce gouvernement ne disposait pas de la légitimité constitutionnelle pour agir de la sorte. Au lieu d’attendre l’issue de l’élection présidentielle et la nomination d’un nouveau gouvernement Bedoui s’était lancé dans un programme qu’il savait pourtant qu’il n’avait aucune chance d’aboutir. Finalement l’ex premier ministre n’a fait qu’aggraver les déficits et mis davantage le pays à genoux. Djerrad doit reprendre tout à zéro et le temps lui est compté. C’est toute la crédibilité du programme présidentiel qui est aujourd’hui en jeu. Actuellement les ministres du gouvernement travaillent sans relâche. Leur travail ne consiste pas à faire du replâtrage comme la plupart des ministres des anciens gouvernements le faisaient mais d’imaginer des solutions nouvelles et rapides pour être appliquées sans accuser le moindre retard. L’innovation est aujourd’hui la source de leurs taches. A une situation ancienne doit se substituer une nouvelle qui doit s’appuyer sur les ressources propres et les potentialités que possède le pays. La cadence hebdomadaire des conseils des ministres présidés par le chef de l’Etat régulera le rythme d’une politique soutenue et parfois même effrénée pour sortir le pays d’une léthargie longtemps entretenue par les pouvoirs précédents.

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