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La relance économique est tributaire d’un nouveau contrat social, a préconisé le professeur Abdellatif Benachenhou.

Cela fait plus de 5 ans que le professeur algérien en sciences économiques Abdellatif Benachenhou a préconisé des mesures à même de sortir l’Algérie de la crise, dans son ouvrage intitulé L’Algérie, sortir de la crise, paru aux Editions El Diwan en novembre 2015.  L’expert économiste, ancien doyen de la faculté des sciences économiques d’Alger et ancien ministre des Finances et ancien conseiller économique du président déchu , a commencé par décortiquer la réalité de l’économie nationale qui ne diffère pas beaucoup de celle d’aujourd’hui accentuée par la crise sanitaire mondiale et par présenter la thèse défendue dans son ouvrage qui n’était que la suivante:” pourrie par des prélèvements obligatoires discutables , la dépense publique , inefficace économiquement et injustifiée socialement a affaibli la contrainte budgétaire qui pèse sur les acteurs économiques: Etat , entreprises et ménages.”. La majorité des dysfonctionnements et dérèglements économiques évoqués dans son analyse sont encore de nos jours et font l’objet d’une refonte dans le cadre du plan de relance économique enclenché par l’actuel gouvernement sous l’égide du président Abdelmadjid Tebboune. Quasiment, les mêmes circonstances, donc les mêmes solutions :

Trop de rente, pas assez d’impôts efficaces et de cotisation équitables:

Pour le professeur, ” la forme  de mobilisation, à l’époque, des ressources ne favorisait pas l’investissement et la croissance. Les prélèvements obligatoires constituaient avant la baisse du prix de pétrole depuis 2014, près de 40% du PIB en 2013.” Actuellement, notamment avec la baisse du cours de pétrole, la situation est devenue plus préoccupante et l’Etat devrait compenser ce déficit généré.

Le président s’engage à élargir la cuvette fiscale :

Pour remédier à la situation et améliorer le recouvrement fiscal, monsieur le président a préconisé l’élargissement de la cuvette fiscale via la diminution des taxes et l’augmentation du nombre de contribuables.

Moins de rente et plus de production :          

Benachenhou a suggéré en 2015 un plan d’action  qui visait la diminution de dépendance à la rente via une politique de création de richesse par la production. C’est ce qui a été pris en considération par le gouvernement actuel qui relève ce défi de se déchaine de la rente vers la production et la création des richesses via l’investissement, l’encouragement et l’accompagnement des moyennes et petites entreprises ainsi que la relance de l’industrie de transformation et l’exploitation des ressources minières. Selon le professeur Abdellatif Benachenhou a indiqué dans son ouvrage que le problème économique en Algérie n’était pas l’existence de la rente pétrolière, mais c’était l’usage qui en a été fait depuis la nationalisation des hydrocarbures en 1971. Ajoutant que le Norvège aujourd’hui, hier les USA, la Grande Bretagne et la Hollande ont su et pu utiliser l’argent du pétrole pour développer leur économie et moderniser leur société. ” La malédiction du pétrole n’a rien de fatal. Le gaspillage de la rente peut l’être”, a-t-il précisé. Faisant une rétrospective sur  les gouvernances ayant géré l’Algérie ‘ la rente pétrolière) depuis l’indépendance, le professeur a avancé que les responsables successifs de l’Algérie ont employé cette rente dans trois directions très différentes: durant les années 70, Houari Boumediene a investi massivement dans les hydrocarbures et l’industrie, rêvant de transformer l’Algérie en Japon de l’Afrique. Dans les années 80, , dans les quelques années qui ont précédé la crise, son successeur Chadli a privilégié les infrastructures et la satisfaction des consommateurs et fait importer massivement frigidaires, téléviseurs et machines à laver. L’essor industriel, certes  coûteux , est freiné sans qu’on lui substitue une politique de développement crédible malgré les incitations faites au secteur privé qui profite d’une couverture partielle.

Sortir de la crise et un nouveau contrat social:

Le professeur a analysé que le choc externe subi à l’époque par l’économie algérienne  a révélé, sans les produire, les fragilités structurelles de l’économie et des finances du pays. Les équilibres budgétaires, extérieurs et monétaires, se dégradent notablement, directement et indirectement. Même en cas de hausse nouvelle des prix des hydrocarbures, le malade sera soulagé, mais pas guéri. A cette fin , il faut réformer en profondeur la mobilisation , l’allocation et l’usage des ressources publiques et le marché , notamment bancaire. Pour lui , l’allocation des ressources budgétaires peut être notamment améliorée par une sortie progressive des subventions , une nouvelle politique du logement et du financement de santé et une approche plus sélective dans le choix des équipements publics pour mettre en équilibre grands et petits projets  , tellement utiles pour le développement des territoires.

Par : Abdelouahab Ferkhi

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